1. À l’envers de ma porte

    Ma peur bleue, ma groseille,
    L'amour est une abeille
    Qui me mange le cœur
    Et bourdonne à ma bouche
    Que tu nourris et touches
    Des baisers du malheur.

    Mon ange sans oreilles,
    Ma peur bleue, ma groseille,
    Ne viendras-tu jamais
    À l'envers de ma porte ?
    Es-tu de cette sorte
    Ange sourd et muet ?

    Tes mains sans teint, polies
    Au jeu de tes folies,
    Se mouillent à mes yeux
    Et tu ris de ces fleuves
    Où naviguent mes vœux
    Parmi tes robes neuves.

    Ne me donneras-tu
    Que ton chapeau pointu
    À porter ma sorcière,
    Et nul autre baiser
    Que ces nids de danger
    Et ces ruches entières ?


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    Louise de VilmorinRecueil : Fiançailles pour rire
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  2. Pauvres gosses

    Comme il te faut payer sur cette planète
    pour nous aimer en toute tranquillité
    tout le monde examine les draps,
    tous se préoccupent de ton amour.

    Et se racontent des choses terribles
    au sujet d’un homme et d’une femme
    qui après maintes tergiversations
    et maintes considérations
    font quelque chose d’unique,
    ils se couchent dans un seul lit.

    Je me demande si les grenouilles
    se surveillent et s’éternuent au nez,
    si elles se font des messes basses dans les mares
    contre les grenouilles illégitimes,
    contre le plaisir des batraciens
    Je me demande si les oiseaux
    ont des oiseaux ennemis
    et si le taureau prête l’oreille aux boeufs
    avant de rencontrer la vache.

    Déjà les routes ont des yeux,
    les parcs ont leur police,
    leurs secrets les hôtels,
    les fenêtres enregistrent les noms,
    s’embarquent troupes et canons
    déterminés contre l’amour,
    travaillent inlassablement
    les gorges et les oreilles,
    et un garçon et sa petite amie
    se mettent à fleurir
    en volant sur une bicyclette.


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    Pablo Neruda
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  3. Une chanson désespérée

    Ton souvenir surgit de la nuit où je suis.
    La rivière à la mer noue sa plainte obstinée.

    Abandonné comme les quais dans le matin.
    C’est l’heure de partir, ô toi l’abandonné!

    Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur.
    Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé!

    En toi se sont accumulés avec les guerres les envols.
    Les oiseaux de mon chant de toi prirent essor.


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    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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  4. 20 – Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit

    Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

    Écrire, par exemple: « La nuit est étoilée
    et les astres d’azur tremblent dans le lointain. »

    Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.

    Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit.
    Je l’aimais, et parfois elle aussi elle m’aima.


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    (il reste 14 strophes à lire)
    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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  5. 18 – Ici je t’aime

    Ici je t’aime.
    Dans les pins obscurs le vent se démêle.
    La lune resplendit sur les eaux vagabondes.
    Des jours égaux marchent et se poursuivent.

    Le brouillard en dansant qui dénoue sa ceinture.
    Une mouette d’argent du couchant se décroche.
    Une voile parfois. Haut, très haut, les étoiles.

    Ô la croix noire d’un bateau.
    Seul.
    Le jour parfois se lève en moi, et même mon âme est humide.
    La mer au loin sonne et résonne.
    Voici un port.
    Ici je t’aime.

    Ici je t’aime. En vain te cache l’horizon.
    Tu restes mon amour parmi ces froides choses.
    Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux
    qui courent sur la mer au but jamais atteint.


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    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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  6. 16 – Tu es au crépuscule un nuage dans mon ciel

    Paraphrase de Rabindranath Tagore.

    Tu es au crépuscule un nuage dans mon ciel,
    ta forme, ta couleur sont comme je les veux.
    Tu es mienne, tu es mienne, ma femme à la lèvre douce
    et mon songe infini s’établit dans ta vie.

    La lampe de mon coeur met du rose à tes pieds
    et mon vin d’amertume est plus doux sur tes lèvres,
    moissonneuse de ma chanson crépusculaire,
    tellement mienne dans mes songes solitaires

    Tu es mienne, tu es mienne, et je le crie dans la brise
    du soir, et le deuil de ma voix s’en va avec le vent.
    Au profond de mes yeux tu chasses, ton butin
    stagne comme les eaux de ton regard de nuit.


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    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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  7. 14 – Ton jouet quotidien c’est la clarté du monde

    Ton jouet quotidien c’est la clarté du monde.
    Visiteuse subtile, venue sur l’eau et sur la fleur.
    Tu passas la blancheur de ce petit visage que je serre
    entre mes mains, comme une grappe, chaque jour.

    Et depuis mon amour tu es sans ressemblance.
    Laisse-moi t’allonger sur des guirlandes jaunes.
    Qui a écrit ton nom en lettres de fumée au coeur des étoiles du sud?
    Ah! laisse-moi te rappeler celle que tu étais alors, quand tu n’existais pas encore.

    Mais un vent soudain hurle et frappe à ma fenêtre.
    Le ciel est un filet rempli d’obscurs poissons.
    Ici viennent frapper tous les vents, ici, tous.
    La pluie se déshabille.

    Les oiseaux passent en fuyant.
    Le vent. Le vent.
    Je ne peux que lutter contre la force humaine.
    Et la tempête a fait un tas des feuilles sombres
    et détaché toutes les barques qu’hier soir amarra dans le ciel.


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    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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  8. 10 – Nous avons encore perdu ce crépuscule

    Nous avons encore perdu ce crépuscule
    Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
    pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

    J’ai vu de ma fenêtre
    la fête du couchant sur les coteaux lointains

    Parfois, ainsi qu’une médaille
    s’allumait un morceau de soleil dans mes mains.

    Et je me souvenais de toi le coeur serré
    triste de la tristesse à moi que tu connais.


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    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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  9. 05 – Pour que tu m’entendes

    Pour que tu m’entendes
    mes mots parfois s’amenuisent
    comme la trace des mouettes sur la plage.

    Collier, grelot ivre
    pour le raisin de tes mains douces.

    Mes mots je les regarde et je les vois lointains.
    Ils sont à toi bien plus qu’à moi.
    Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre.

    Ils grimpent sur les murs humides.
    Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable.


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  10. 03 – Immensité des pins, rumeur brisée des vagues

    Immensité des pins, rumeur brisée des vagues,
    contre le crépuscule et ses vieilles hélices
    crépuscule tombant sur tes yeux de poupée,
    coquillage terrestre, en toi la terre chante!

    En toi chantent les fleuves et sur eux fuit mon âme
    comme tu le désires et vers où tu le veux.
    Trace-moi le chemin sur ton arc d’espérance
    que je lâche en délire une volée de flèches.

    Je vois autour de moi ta ceinture de brume,
    mes heures poursuivies traquées par ton silence,
    c’est en toi, en tes bras de pierre transparente
    que mes baisers se sont ancrés, au nid de mon désir humide.

    Ah! ta voix de mystère que teinte et plie l’amour
    au soir retentissant et qui tombe en mourant!
    Ainsi à l’heure sombre ai-je vu dans les champs
    se plier les épis sous la bouche du vent.

    Pablo NerudaRecueil : Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
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