1. Les Alpes ou l’Italie

    Donc reconnaissez-vous au fond de vos abîmes
    Ce voyageur pensif,
    Au cœur triste, aux cheveux blanchis comme vos cimes,
    Au pas lent et tardif ?

    Jadis de ce vieux bois, où fait une eau limpide,
    Je sondais l’épaisseur
    Hardi comme un aiglon, comme un chevreuil rapide,
    Et gai comme un chasseur.

    Alpes, vous n’avez point subi mes destinées !
    Le temps ne vous peut rien;
    Vos fronts légèrement ont porté les années
    Qui pèsent sur le mien.

    Pour la première fois, quand, rempli d’espérance,
    Je franchis vos remparts,
    Ainsi que l’horizon, un avenir immense
    S’ouvrait à mes regards.


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    François-René de ChateaubriandRecueil : Poésies diverses
    • 9
  2. Ballade de l’Abencérage

    Le roi don Juan
    Un jour chevauchant
    Vit sur la montagne
    Grenade d’Espagne ;
    Il lui dit soudain :
    Cité mignonne,
    Mon cœur te donne
    Avec ma main.

    Je t’épouserai,
    Puis apporterai
    En dons à ta ville
    Cordoue et Séville.
    Superbes atours
    Et perles fines
    Je te destine
    Pour nos amours.

    Grenade répond :
    Grand roi de Léon,
    Au Maure liée,
    Je suis mariée.
    Garde tes présents :
    J’ai pour parure
    Riche ceinture
    Et beaux enfants.

    Ainsi tu disais ;
    Ainsi tu mentais.
    O mortelle injure !
    Grenade est parjure !
    Un chrétien maudit
    D’Abencerage
    Tient l’héritage :
    C’était écrit !


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    François-René de ChateaubriandRecueil : Poésies diverses
    • 0
  3. À Lydie

    (Imitation d'Alcée, poète grec)

    Lydie, es-tu sincère ? Excuse mes alarmes :
    Tu t’embellis en accroissant mes feux ;
    Et le même moment qui t’apporte des charmes
    Ride mon front et blanchit mes cheveux.

    Au matin de tes ans, de la foule chérie,
    Tout est pour toi joie, espérance, amour ;
    Et moi, vieux voyageur, sur ta route fleurie
    Je marche seul et vois finir le jour.

    Ainsi qu’un doux rayon quand ton regard humide
    Pénètre au fond de mon cœur ranimé,
    J’ose à peine effleurer d’une lèvre timide
    De ton beau front le voile parfumé.


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    François-René de ChateaubriandRecueil : Poésies diverses
    • 1
  4. Une femme est l’amour

    Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
    Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
    Elle élève le coeur et calme la souffrance,
    Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

    Courbé par le travail ou par la destinée,
    L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit ;
    Toujours impatient dans sa course bornée,
    Un sourire le dompte et son coeur s’adoucit.

    Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
    Bien longtemps à l’attendre il faut se résigner.
    Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
    La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?

    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 37
  5. Résignation

    Quand les feux du soleil inondent la nature,
    Quand tout brille à mes yeux et de vie et d’amour,
    Si je vois une fleur qui s’ouvre, fraîche et pure,
    Aux rayons d’un beau jour ;

    Si des troupeaux joyeux bondissent dans la plaine,
    Si l’oiseau chante au bois où je vais m’égarer,
    Je suis triste et de deuil me sens l’âme si pleine
    Que je voudrais pleurer.

    Mais quand je vois sécher l’herbe de la prairie,
    Quand la feuille des bois tombe jaune à mes pieds,
    Quand je vois un ciel pâle, une rose flétrie
    En rêvant je m’assieds.

    Et je me sens moins triste et ma main les ramasse,
    Ces feuilles, ces débris de verdure et de fleurs.
    J’aime à les regarder, ma bouche les embrasse
    Je leur dis : O mes soeurs !


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    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 15
  6. Mélodie irlandaise

    (Imitée de Thomas Moore)

    Le soleil du matin commençait sa carrière,
    Je vis près du rivage une barque légère
    Se bercer mollement sur les flots argentés.
    Je revins quand la nuit descendait sur la rive :
    La nacelle était là, mais l’onde fugitive
    Ne baignait plus ses flancs dans le sable arrêtés.

    Et voilà notre sort ! au matin de la vie
    Par des rêves d’espoir notre âme poursuivie
    Se balance un moment sur les flots du bonheur ;
    Mais, sitôt que le soir étend son voile sombre,
    L’onde qui nous portait se retire, et dans l’ombre
    Bientôt nous restons seuls en proie à la douleur.

    Au déclin de nos jours on dit que notre tête
    Doit trouver le repos sous un ciel sans tempête ;
    Mais qu’importe à mes voeux le calme de la nuit !
    Rendez-moi le matin, la fraîcheur et les charmes ;
    Car je préfère encor ses brouillards et ses larmes
    Aux plus douces lueurs du soleil qui s’enfuit.


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    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 4
  7. Le ballet des heures

    (Le Dieu Pan parle)

    Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses
    Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;
    Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
    Et ne les donner qu’à l’amour.

    Ainsi que de l’éclair, rien ne reste de l’heure,
    Qu’au néant destructeur le temps vient de donner ;
    Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
    Toujours celle qui va sonner.

    Et retenez-la bien au gré de votre envie,
    Comme le seul instant que votre âme rêva ;
    Comme si le bonheur de la plus longue vie
    Était dans l’heure qui s’en va.


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    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 18
  8. Mélodie

    (Imitée de Thomas Moore)

    Quand le plaisir brille en tes yeux
    Pleins de douceur et d’espérance,
    Quand le charme de l’existence
    Embellit tes traits gracieux, -

    Bien souvent alors je soupire
    En songeant que l’amer chagrin,
    Aujourd’hui loin de toi, peut t’atteindre demain,
    Et de ta bouche aimable effacer le sourire ;
    Car le Temps, tu le sais, entraîne sur ses pas
    Les illusions dissipées,
    Et les yeux refroidis, et les amis ingrats,
    Et les espérances trompées !

    Mais crois-moi, mon amour ! tous ces charmes naissants
    Que je contemple avec ivresse,
    S’ils s’évanouissaient sous mes bras caressants,
    Tu conserverais ma tendresse !
    Si tes attraits étaient flétris,
    Si tu perdais ton doux sourire,
    La grâce de tes traits chéris
    Et tout ce qu’en toi l’on admire,
    Va, mon coeur n’est pas incertain :
    De sa sincérité tu pourrais tout attendre.
    Et mon amour, vainqueur du Temps et du Destin,
    S’enlacerait à toi, plus ardent et plus tendre !


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    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 9
  9. Laisse-moi !

    Non, laisse-moi, je t’en supplie ;
    En vain, si jeune et si jolie,
    Tu voudrais ranimer mon coeur :
    Ne vois-tu pas, à ma tristesse,
    Que mon front pâle et sans jeunesse
    Ne doit plus sourire au bonheur ?

    Quand l’hiver aux froides haleines
    Des fleurs qui brillent dans nos plaines
    Glace le sein épanoui,
    Qui peut rendre à la feuille morte
    Ses parfums que la brise emporte
    Et son éclat évanoui !

    Oh ! si je t’avais rencontrée
    Alors que mon âme enivrée
    Palpitait de vie et d’amours,
    Avec quel transport, quel délire
    J’aurais accueilli ton sourire
    Dont le charme eût nourri mes jours.

    Mais à présent, Ô jeune fille !
    Ton regard, c’est l’astre qui brille
    Aux yeux troublés des matelots,
    Dont la barque en proie au naufrage,
    A l’instant où cesse l’orage
    Se brise et s’enfuit sous les flots.


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    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 8
  10. A Victor Hugo

    qui m’avait donné son livre du Rhin

    De votre amitié, maître, emportant cette preuve
    Je tiens donc sous mon bras « le Rhin ». – J’ai l’air d’un fleuve
    Et je me sens grandir par la comparaison.

    Mais le Fleuve sait-il lui pauvre Dieu sauvage
    Ce qui lui donne un nom, une source, un rivage,
    Et s’il coule pour tous quelle en est la raison.

    Assis au mamelon de l’immense nature,
    Peut-être ignore-t-il comme la créature
    D’où lui vient ce bienfait qu’il doit aux Immortels :


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    Gérard de NervalRecueil : Poésies diverses
    • 6
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