1. Un peu de musique

    Une musique amoureuse
    Sous les doigts d’un guitariste
    S’est éveillée, un peu triste,
    Avec la brise peureuse ;

    Et sous la feuillée ombreuse
    Où le jour mourant résiste,
    Tourne, se lasse, et persiste
    Une valse langoureuse.

    On sent, dans l’air qui s’effondre,
    Son âme en extase fondre ;
    - Et parmi la vapeur rose

    De la nuit délicieuse
    Monte cette blonde chose,
    La lune silencieuse.

    Germain NouveauRecueil : Premiers poèmes
    • 3
  2. Rêve claustral

    Je vous connais comme elle, ô murs, travail des nonnes,
    Préaux fleuris d’amours furtifs, silencieux
    Parloirs, où, par la nuit, l’âme des lunes bonnes
    Se distille, rosée errante de leurs yeux ;

    Cour grise où tourne le soulier lacé des grandes,
    Couvrant sous de longs cils des yeux endoloris,
    S’imaginant, le soir des mystiques offrandes,
    Causer, dans les rideaux avec de purs esprits.

    Je vous ai vus, ô lents tours noirs où les plus braves
    Rentrent avec l’effroi du parler patelin ;
    Et je vous aime aussi, novices, pour les graves
    Désirs tapis aux plis de vos jupes de lin.

    Dortoirs religieux, vous me bercez comme elle
    Là, le sommeil est le seul des péchés permis,
    Et l’on entend monter, bouffonne et solennelle
    Leur jeune haleine aux dents des anges endormis.


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    Germain NouveauRecueil : Premiers poèmes
    • 0
  3. L’enfant pâle

    C’est la triste feuille morte
    Que le vent d’octobre emporte,
    C’est la lune, au front du jour,
    Que nulle étoile n’escorte,
    Au soleil, c’est mon amour,
    L’enfant plus pâle que blanche :
    Beau fruit mourant sur la branche !

    Mais quand la nuit est levée
    Je vois la Chère Eprouvée
    Qui n’en rayonne que mieux
    Dans sa pâleur ravivée.
    Et ce m’est délicieux
    Comme l’aube de la lune
    Aux voyageurs de fortune !

    C’est le plus doux des visages
    La lampe des Vierges sages
    Brûle avec cette douceur.
    Esprit des pèlerinages,
    Voix de mère et coeur de soeur !
    J’ai donné ma vie à Celle
    Dont la pâleur étincelle !

    Germain NouveauRecueil : Premiers poèmes
    • 3
  4. En forêt

    Dans la forêt étrange, c’est la nuit ;
    C’est comme un noir silence qui bruit ;

    Dans la forêt, ici blanche et là brune,
    En pleurs de lait filtre le clair de lune.

    Un vent d’été, qui souffle on ne sait d’où,
    Erre en rêvant comme une âme de fou ;

    Et, sous des yeux d’étoile épanouie,
    La forêt chante avec un bruit de pluie.


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    Germain NouveauRecueil : Premiers poèmes
    • 3
  5. Pauvreté

    Qui donc fera fleurir toute la pauvreté ?
    Quand Jésus a quitté le ciel, il l’a quitté
    Pour une étable ; il est charpentier, il travaille;
    Né sur l’or, mais sur l’or mystique de la paille,
    Entre l’âne et bœuf, l’ignorance et l’erreur,
    Lui qui pouvait choisir un berceau d’empereur,
    Qu’aurait ému le pied rieur des chambrières,
    Préfère une humble crèche où l’ange est en prières I
    Certes l’argent est bon, l’or est délicieux,
    Mais l’un ouvre l’enfer, l’autre ferme les cieux ;
    L’un sait glacer le cœur, l’autre étouffer les âmes ;
    L’or met sa clarté louche où l’amour met ses flammes,
    L’or est un soleil froid ; le soleil chauffe et luit,
    Car il est fils du ciel ; l’or est fils de la nuit :
    A pleins bords pour le crime, et rare pour l’aumône,
    Il coule, et la famille, où sonne son flot jaune,
    S’écroule au bruit joyeux des pièces de vingt francs !
    Et plus ils sont dorés, moins les baisers sont francs.
    L’or est un mal où l’homme, hélas! cherche un remède.
    Sitôt qu’il crie et souffre, il l’appelle à son aide,
    Pour vêtir sa misère et combler avec lui
    Son cœur vide, et le gouffre amer de son ennui.
    Grâce à l’argent, le mal trône et rit sur la terre.
    A son contact banal, quelle âme ne s’altère?
    Jésus était-il riche, et Pierre l’était-il?
    Une humble barque, ouvrant sa voile de coutil,
    C’est peu — même en comptant le souffle de la brise, —
    Cette voile a grandi ; voyez-là, c’est l’Eglise !

    Travaillez, c’est la règle, enrichissez-vous, mais
    Restez pauvres d’esprit. Laissant les fiers sommets,
    Les lys, pour s’élancer, ont mieux aimé les plaines,
    Et quant aux dons du ciel : « Aux pauvres les mains pleines. »
    Dieu ne visite pas le riche orgueilleux, non !
    Pauvre, Jésus le lut, ne voulant d’autre nom.
    Mais Jésus l’est toujours, mais son cri monte encore.
    Tout pauvre que la lièvre et que la soif dévore,
    C’est Jésus. Tout petit qui va pieds nus, c’est Lui.
    Notre ennemi sans pain, est-ce encor Jésus? Oui.
    Etre pauvre, avant tout, c’est aimer la sagesse,
    Et l’on peut l’être même aux bras de la richesse ;
    Etre riche, avant tout, c’est n’aimer que l’argent,
    Et l’on peut l’être, même en étant indigent !
    Etre riche d’esprit, désirer, c’est la gêne,
    C’est river à son pied une bien lourde chaîne ;
    Etre pauvre d’esprit, c’est être libre, Eh bien !
    Aimez ha liberté, n’appartenez à rien,
    Pas même au lit qui s’ouvre à votre échine lasse,
    Pas même à votre habit : il est au temps qui passe.

    Toute la pauvreté, disais-je en commençant,
    La mauvaise richesse, elle est dans notre sang :
    Elle est dans nos pourpoints, elle est dans notre code
    Et fait l’opinion, comme elle fait la mode.
    O pauvreté, la France entende votre voix !
    France riche d’esprit, beaucoup trop riche en lois !
    L’esprit de pauvreté, voilà l’esprit pratique
    Qui doit ensoleiller la sombre politique ;
    Le roi. ton noble époux, César, un sombre amant,
    Sont loin de ta pensée, ô France, en ce moment !
    Le front coiffé des plis d’une laine écarlate,
    La liberté te rit, la liberté te flatte :
    C’est un ange éclatant qui semble un lutteur noir,
    Radieux comme l’aube et beau comme le soir,
    Car il porte, pareil aux séraphins de l’ombre,
    Un masque étincelant sur son visage sombre.
    Tu n’as pas peur? C’est bien. Tu veux le suivre? aile
    Mais ne va pas saisir les ciseaux des félons,
    Et du fier inconnu dont tu fus curieuse
    Sinistrement rogner l’aile mystérieuse.
    Ne lui mets pas de loi perfide autour du cou.
    S’il n’est pas une brute, arrière le licou!
    Qu’il puisse au grand soleil marcher nu dans l’arène,
    Et tordre toute chose en sa main souveraine,
    Et retremper toute âme en sa cuve qui bout.
    Alors nous pourrons voir qui restera debout,
    La sagesse divine ou la sagesse humaine,
    Si c’est le nom obscur que cet ange ramène,
    Ou le nom lumineux dans chaque étoile écrit,
    Et si c’est Robespierre ou si c’est Jésus-Christ !

    Germain NouveauRecueil : La Doctrine de l'Amour
    • 4
  6. Volupté

    Plaisir, bourreau des cœurs, vendeur juré des âmes,
    Ah ! trop longtemps tu pris le masque de l’amour
    Au vestiaire impur des romans et des drames !

    Voyageant sous son nom et suivi par ta cour
    De Lovelaces fous et de Phèdres navrées,
    Plaisir, tyran cruel, voici venir ton tour !

    Ah ! trop longtemps tu fis, dans tes mornes Caprées,
    Des corps humains liés à tes rouges poteaux
    De blancs Saint-Sébastiens pleins de flèches dorées ;

    Et depuis trop longtemps, roulé dans tes manteaux,
    Tu te glisses le soir dans les tavernes saoules,
    Où tu mets les hoquets et les coups de couteaux.


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    Germain NouveauRecueil : La Doctrine de l'Amour
    • 2
  7. Mors et Vita

    Souvenez-vous des humbles cimetières
    Que voile aux villages voisins
    Le pli d’un coteau pâle où pendent les raisins,
    Qu’éveille, au point du jour, l’air du casseur de pierres.
    Seuls, les vieux fossoyeurs ont d’eux quelque souci.
    Et c’est à peine si -
    Comme des brebis étonnées,
    Loin du troupeau fumant des douces cheminées,
    Loin du clocher, ce pâtre amoureux d’horizons -
    Quelques maisons
    Abandonnées,
    Toutes fanées
    Par les saisons,
    Du vide de leurs yeux dans leur face hagarde,
    Contemplent – par-dessus l’enclos au portail veuf
    Parfois de l’auvent qui le garde -
    La chapelle en ruine à la grande lézarde,
    Les tertres anciens et les croix de bois neuf.

    Mais l’été que l’ange envoie aux vallées,
    Pour les églogues étoilées,
    Aux grands blés roux buvant ses haleines de feu,
    Et vers les rivières vermeilles,
    L’été, sur un signe de Dieu,
    Fait, avec ses rayons, de sauvages corbeilles
    De ces asiles tout en fleurs où les abeilles,
    Dans l’herbe haute et drue ainsi que des remords,
    D’un long bourdonnement ensommeillent les morts.

    A midi, le soleil silencieux qui tombe,
    Grave, comme un chat d’or s’allonge sur la tombe
    Dont la blancheur brûle, éclatant
    Parmi l’argile rose ou les avoines folles,
    Pendant que le lézard entend
    Passer, dans les bruits vains et les vagues paroles,
    La robe, ayant l’odeur de nos amours défunts,
    De la Mort, mère et reine des parfums.

    Tramée avec les fils du rêve,
    Voici s’assombrir l’heure où la lune se lève,
    Et le lourd laboureur qui rentre réfléchit
    Sur la route où l’air pur fraîchit,
    Le long des murs sacrés, et son coeur croit entendre
    Une voix étouffée ou tendre,
    Dans la nuit bleue et noire ainsi que le corbeau
    La nuit donne la vie aux choses du tombeau.


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    Germain NouveauRecueil : La Doctrine de l'Amour
    • 0
  8. Les Mains

    Aimez vos mains afin qu’un jour vos mains soient belles,
    Il n’est pas de parfum trop précieux pour elles,
    Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux,
    Il n’est pas d’instruments trop délicats pour eux.

    C’est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;
    Elles ont pris leur neige au lys des Séraphins,
    Au jardin de la chair ce sont deux fleurs pareilles,
    Et le sang de la rose est sous leurs ongles fins.

    Il circule un printemps mystique dans les veines
    Où court la violette, où le bluet sourit ;
    Aux lignes de la paume ont dormi les verveines ;
    Les mains disent aux yeux les secrets de l’esprit.

    Les peintres les plus grands furent amoureux d’elles,
    Et les peintres des mains sont les peintres modèles.


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    (il reste 15 strophes à lire)
    Germain NouveauRecueil : La Doctrine de l'Amour
    • 5
  9. Les Cathédrales

    Mais gloire aux cathédrales !
    Pleines d’ombre et de feux, de silence et de râles,
    Avec leur forêt d’énormes piliers
    Et leur peuple de saints, moines et chevaliers,
    Ce sont des cités au-dessus des villes,
    Que gardent seulement les sons irréguliers
    De l’aumône, au fond des sébiles,
    Sous leurs porches hospitaliers.
    Humblement agenouillées
    Comme leurs sœurs des champs dans les herbes mouillées,
    Sous le clocher d’ardoise ou le dôme d’étain,
    Où les angélus clairs tintent dans le matin,
    Les églises et les chapelles
    Des couvents,
    Tout au loin vers elles,
    Mêlent un rire allègre au rire amer des vents,
    En joyeuses vassales ;
    Mais elles, dans les cieux traversés des vautours,
    Comme au cœur d’une ruche, aux cages de leurs tours,
    C’est un bourdonnement de guêpes colossales.
    Voyez dans le nuage blanc
    Qui traverse là-haut des solitudes bleues,
    Par-dessus les balcons d’où l’on voit les banlieues,
    Voyez monter la flèche au coq étincelant,
    Qui, toute frémissante et toujours plus fluette,
    Défiant parfois les regards trop lents,
    Va droit au ciel se perdre, ainsi que l’alouette.
    Ceux-là qui dressèrent la tour
    Avec ses quatre rangs d’ouïes
    Qui versent la rumeur des cloches éblouies,
    Ceux qui firent la porte avec les saints autour,
    Ceux qui bâtirent la muraille,
    Ceux qui surent ployer les bras des arcs-boutants,
    Dont la solidité se raille
    Des gifles de l’éclair et des griffes du temps ;
    Tous ceux dont les doigts ciselèrent
    Les grands portails du temple, et ceux qui révélèrent
    Les traits mystérieux du Christ et des Élus,
    Que le siècle va voir et qu’il ne comprend plus ;
    Ceux qui semèrent de fleurs vives
    Le vitrail tout en flamme au cadre des ogives
    Ces royaux ouvriers et ces divins sculpteurs
    Qui suspendaient au ciel l’abside solennelle,
    Dont les ciseaux pieux criaient dans les hauteurs,
    N’ont point gravé leur nom sur la pierre éternelle ;
    Vous les avez couverts, poudre des parchemins !
    Vous seules les savez, vierges aux longues mains !
    Vous, dont les Jésus rient dans leurs barcelonnettes,
    Artistes d’autrefois, où vous reposez-vous ?
    Sous quelle tombe où l’on prie à genoux ?
    Et vous, mains qui tendiez les nerfs des colonnettes,
    Et vous, doigts qui semiez
    De saintes le portail où nichent les ramiers,
    Et qui, dans les rayons dont le soleil l’arrose,
    Chaque jour encor faites s’éveiller
    La rosace, immortelle rose
    Que nul vent ne vient effeuiller !
    Ô cathédrales d’or, demeures des miracles
    Et des soleils de gloire échevelés autour
    Des tabernacles
    De l’amour !
    Vous qui retentissez toujours de ses oracles,
    Vaisseaux délicieux qui voguez vers le jour !
    Vous qui sacrez les rois, grandes et nobles dames,
    Qui réchauffez les cœurs et recueillez les âmes
    Sous votre vêtement fait en forme de croix !
    Vous qui voyez, ô souveraines,
    La ville à vos genoux courber ses toits !
    Vous dont les cloches sont, fières de leurs marraines,
    Comme un bijou sonore à l’oreille des reines !
    Vous dont les beaux pieds sont de marbre pur !
    Vous dont les voiles
    Sont d’azur !
    Vous dont la couronne est d’étoiles !
    Sous vos habits de fête ou vos robes de deuil,
    Vous êtes belles sans orgueil !
    Vous montez sans orgueil vos marches en spirales
    Qui conduisent au bord du ciel,
    Ô magnifiques cathédrales,
    Chaumières de Jésus, Bethléem éternel !
    Si longues, qu’un brouillard léger toujours les voile ;
    Si douces, que la lampe y ressemble à l’étoile,
    Les nefs aux silences amis,
    Dans l’air sombre des soirs, dans les bancs endormis,
    Comptent les longs soupirs dont tremble un écho chaste
    Et voient les larmes d’or où l’âme se répand,
    Sous l’œil d’un Christ qui semble, en son calvaire vaste,
    Un grand oiseau blessé dont l’aile lasse pend.
    Ah ! bienheureux le cœur qui, dans les sanctuaires,
    Près des cierges fleuris qu’allument les prières,
    Souvent, dans l’encens bleu, vers le Seigneur monta,
    Et qui, dans les parfums mystiques, écouta
    Ce que disent les croix, les clous et les suaires,
    Et ce que dit la paix du confessionnal,
    Oreille de l’amour que l’homme connaît mal !
    Avec sa grille étroite et son ombre sévère,
    Ô sages, qui parliez autour du Parthénon,
    Le confessionnal, c’est la maison de verre
    À qui Socrate rêve et qui manque à Zénon !
    Grandes ombres du Styx, me répondrez-vous: non ?
    Ce que disent les cathédrales,
    Soit qu’un baptême y jase au bord des eaux lustrales,
    Soit qu’au peuple, autour d’un cercueil,
    Un orgue aux ondes sépulcrales
    Y verse un vin funèbre et l’ivresse du deuil,
    Soit que la foule autour des tables
    S’y presse aux repas délectables,
    Soit qu’un prêtre vêtu de blanc
    Y rayonne au fond de sa chaise,
    Soit que la chaire y tonne ou soit qu’elle se taise,
    Heureux le cœur qui l’écoute en tremblant !
    Heureux celui qui vous écoute,
    Vagues frémissements des ailes sous la voûte !
    Comme une clé qui luit dans un trousseau vermeil
    Quand un rayon plus rouge aux doigts d’or du soleil
    A clos la porte obscure au seuil de chaque église,
    Quand le vitrail palpite au vol de l’heure grise,
    Quand le parvis plein d’ombre éteint toutes ses voix,
    Ô cathédrales, je vous vois
    Semblables au navire émergeant de l’eau brune,
    Et vos clochetons fins sont des mâts sous la lune ;
    D’invisibles ris sont largués,
    Une vigie est sur la hune,
    Car immobiles, vous voguez,
    Car c’est en vous que je vois l’arche
    Qui, sur l’ordre de Dieu, vers Dieu s’est mise en marche ;
    La race de Noé gronde encore dans vos flancs ;
    Vous êtes le vaisseau des immortels élans,
    Et vous bravez tous les désastres.
    Car le maître est Celui qui gouverne les astres,
    Le pilote, Celui qui marche sur les eaux
    Laissez, autour de vous, pousser aux noirs oiseaux
    Leur croassement de sinistre augure ;
    Allez, vous êtes la figure
    Vivante de l’humanité ;
    Et la voile du Christ à l’immense envergure
    Mène au port de l’éternité.

    Germain NouveauRecueil : La Doctrine de l'Amour
    • 1
  10. Le Corps et l’Âme

    Dieu fit votre corps noble et votre âme charmante.
    Le corps sort de la terre et l’âme aspire aux cieux ;
    L’un est un amoureux et l’autre est une amante.

    Dans la paix d’un jardin vaste et délicieux,
    Dieu souffla dans un peu de boue un peu de flamme,
    Et le corps s’en alla sur ses pieds gracieux.

    Et ce souffle enchantait le corps, et c’était l’âme
    Qui, mêlée à l’amour des bêtes et des bois,
    Chez l’homme adorait Dieu que contemplait la femme.

    L’âme rit dans les yeux et vole avec la voix,
    Et l’âme ne meurt pas, mais le corps ressuscite,
    Sortant du limon noir une seconde fois.


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    • 4
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