1. Le Nom

    Je porte un nom assez bizarre,
    Tu diras : » Ton cas n’est pas rare. »
    Oh ! je ne pose pas pour ça,
    Du tout Mais permettez, Madame,
    Je découvre en son anagramme :
    ‘Amour ingénue’, et puis : ‘Va’ !

    Si comme un régiment qu’on place
    Sous le feu je change la face
    De ce nom drôlement venu,
    Dans le feu sacré qui le dore,
    Tiens ! regarde je lis encore :
    ‘Amour ignée’, et puis : ‘Va, nu’ !

    Pas une lettre de perdue !
    Il avait la tête entendue,
    Le parrain qui me le trouva !
    Mais ce n’est pas là tout, écoute !
    Je lis encor, pour Toi, sans doute :
    ‘Amour ingénu’, puis : ‘Éva’ !

    Tu sais nous ne sommes peut-être
    Les seuls amours qu’on ait vus naître ;
    Il en naît et meurt tous les jours ;
    On en voit sous toutes les formes ;
    Et petits, grands ou même énormes,
    Tous les hommes sont des amours.


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  2. Le Mendiant

    L'être que j'adore en ce monde,
    Eût-il les pieds noirs et des poux,
    C'est le mendiant, il m'inonde
    Le cœur d'une extase profonde ;
    Je lui baiserais les genoux.

    D'abord il convient de vous dire
    Que si je ne l'adorais pas,
    Ça ferait peut-être sourire ;
    On penserait : Hé ! le bon sire !
    Il a le « trac » pour ses ducats.

    Il a peur de faire l'aumône,
    Ou qu'on le vole, il a raison
    Dans la vie, ah ! tout n'est pas jaune,
    Et mon ami le plus béjaune
    Ne viendrait pas à la maison.

    Ou, s'il venait, il voudrait faire,
    Tout comme moi, les mêmes frais,
    Nous compterions, quelle misère !
    Et s'il me cassait, quoi ? son verre ?
    Ah ! la tête que je ferais !


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  3. Le Dieu

    N'est pas athée qui veut.
    Napoléon

    Je vous dis un soir une chose
    Dont vous fûtes peut-être cause :
    J'ai découvert un nouveau Dieu.
    « Nous irons le prêcher ensemble »,
    Me répondîtes-vous ; j'en tremble
    Car vous vous avanciez un peu.

    Puisque, jusqu'à preuve apportée,
    Je ne veux être qu'un athée
    Qui ne peux croire qu'en l'Amour,
    Quel Dieu, répondez-moi, quel diable
    De Dieu né mort ou né viable
    Avais-je bien pu mettre au jour ?

    Mais j'avais dit vrai sans blasphème,
    Vous allez voir cherchez vous-même
    Vous ne trouvez pas ? non ? vraiment !
    Je vais vous mettre sur la route :
    C'est un Dieu bon alors nul doute
    Que ce ne soit un Dieu charmant ;


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  4. Le Livre

    De vous le dire je m'empresse
    Oh ! la fâcheuse inversion !
    D'ailleurs la seule qui paraisse
    Être échappée à ma paresse,
    Au cours de cette édition.

    Je m'empresse de vous le dire,
    Allons ! voilà qui va bien mieux !
    Je ne suis pas (faut-il l'écrire ?)
    Un poète, je suis sans lyre.
    Je crois que cela saute aux yeux.

    Mais, vous m'avez dit, d'aventure,
    Un soir : « Je n'aime pas les vers. »
    Or, nous revenions en voiture ;
    « Quoi ? pas même ceux de Voiture ? »
    Je vous regardai de travers.

    Je trouvai la chose hardie.
    Nous traversions le carrefour,
    De l'Ancienne Comédie,
    « Moi, je les aime, quoiqu'on die
    Presqu'autant que faire l'amour. »


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  5. Le Baiser (III)

    » Tout fait l’amour. » Et moi j’ajoute,
    Lorsque tu dis : » Tout fait l’amour » :
    Même le pas avec la route,
    La baguette avec le tambour.

    Même le doigt avec la bague,
    Même la rime et la raison,
    Même le vent avec la vague,
    Le regard avec l’horizon.

    Même le rire avec la bouche,
    Même l’osier et le couteau,
    Même le corps avec la couche,
    Et l’enclume sous le marteau.

    Même le fil avec la toile
    Même la terre avec le ver,
    Le bâtiment avec l’étoile,
    Et le soleil avec la mer.


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  6. Le Baiser (IV)

    Le Baiser de ton rêve
    Est celui de l'Amour !
    Le jour, le jour se lève,
    Clairons, voici le jour !

    Le Baiser de mon rêve
    Est celui de l'Amour !
    Enfin, le jour se lève !
    Clairons, voici le jour !

    La caresse royale
    Est celle de l'Amour.
    Battez la générale,
    Battez, battez, tambour !

    Car l'Amour est horrible
    Au gouffre de son jour !
    Pour le tir à la cible
    Battez, battez, tambour.


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  7. Le Baiser (II)

    Comme une ville qui s'allume
    Et que le vent achève d'embraser,
    Tout mon cœur brûle et se consume,
    J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser.

    Baiser de la bouche et des lèvres
    Où notre amour vient se poser,
    Plein de délices et de fièvres,
    Ah ! j'ai soif, j'ai soif d'un baiser !

    Baiser multiplié que l'homme
    Ne pourra jamais épuiser,
    Ô toi, que tout mon être nomme,
    J'ai soif, oui, j'ai soif d'un baiser.

    Fruit doux où la lèvre s'amuse,
    Beau fruit qui rit de s'écraser,
    Qu'il se donne ou qu'il se refuse,
    Je veux vivre pour ce baiser.


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  8. La Visite

    Moi mouchard ? oui, madame Phaïlle,
    Comme on Vous nomme dans l'endroit,
    Que Tu ravis avec ta taille,
    Où tu prends du bout d'une paille,
    Au temps chaud, ton sorbet très froid.

    À l'Ictinus ! près de la place
    Et du palais de Médicis,
    Tu t'asseyais, pâle, un peu lasse ;
    Et ta grenadine à la glace
    Souriait, rose, à mon cassis.

    Beau café ; terrasse ; pratique
    Chère aux chanteurs du vieux Faubourg ;
    À proximité fantastique
    De l'Odéon ; vue artistique
    Sur les arbres du Luxembourg.

    Je disais ? ah ! ceci, Madame,
    Que s'il est un pauvre mouchard
    Sur la galère noire où rame
    L'esclave du Paris infâme,
    Sans l'excuse d'être pochard,


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  9. Le Baiser (I)

    N’êtes-vous pas toute petite
    Dans votre vaste appartement,
    Où comme un oiseau qui palpite
    Voltige votre pied normand ?

    N’est-elle pas toute mignonne,
    Blanche dans l’ombre où tu souris,
    Votre taille qui s’abandonne,
    Parisienne de Paris ?

    N’est-il pas à Vous, pleine d’âme,
    Franc comme on doit l’être, à l’excès,
    Votre coeur d’adorable femme,
    Nu, comme votre corps français ?

    Ne sont-ils pas, à Vous si fière,
    Les neiges sous la nuit qui dort
    Dans leur silence et leur lumière,
    Vos magnifiques seins du Nord ?


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  10. La Statue

    Parmi les marbres qu’on renomme
    Sous le ciel d’Athène ou de Rome,
    Je prends le plus pur, le plus blanc,
    Je le taille et puis je l’étale
    Dans ta pose d’Horizontale
    Soulevée un peu sur le flanc

    Voici la tête qui se dresse,
    Qu’une ample chevelure presse,
    Le cou blanc, dont le pur contour
    Rappelle à l’oeil qui le contemple
    Une colonne, au front d’un temple,
    Le plus beau temple de l’Amour !

    Voici la gorge féminine,
    Le bout des seins sur la poitrine
    Délicatement accusé,
    Les épaules, le dos, le ventre
    Où le nombril se renfle et rentre
    Comme un tourbillon apaisé.

    Voici le bras plein qui s’allonge ;
    Voici, comme on les voit en songe,
    Les deux petites mains d’Eros,
    Le bassin immense, les hanches,
    Et les adorablement blanches
    Et fermes fesses de Paros.


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