1. Plutus, premier roi de France

    Dans l’ancien temps,
    Plutus, le grand dieu des richesses,
    Ne portant ses faveurs qu’aux gens religieux,
    Afin de découvrir sans erreur les adresses,
    Chose possible alors, avait d’excellents yeux ;

    Plus tard, se laissant prendre aux trompeuses caresses,
    Des hommes criminels, vils et fallacieux,
    Plutus devint aveugle : aux hommes odieux
    Ainsi qu’aux bons, dès lors, il versa ses largesses ;

    En
    France maintenant l’or et l’argent sont rois,

    Plutus règne en maître, et seul bâtit des lois ;


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    Jules Vernes
    • 1
  2. Ô toi, que mon amour profond

    À Herminie.

    Ô toi, que mon amour profond et sans mélange
    Formé de ton image et de ton souvenir,
    Avait su distinguer en l’auguste phalange
    Des jeunes beautés dont nous faisons notre ange
    Pour nous guider dans l’avenir,

    Toi que tout rappelait à mon âme inquiète,
    Et dont l’âme sans cesse assise auprès de moi,
    Me dérobait du temps, qu’à présent je regrette,
    Le cours lent à mes vœux, quand la bouche muette,
    Je ne pouvais penser qu’à toi,

    Qu’as-tu fait – loin de moi, tu fuis, et ton sourire
    Vers moi se tourne encor, adorable et moqueur,
    Tu sais ce que toujours, tout-puissant, il m’inspire,
    Tu l’adresses, hélas ! il me paraît me dire :
    Je te quitte de gaîté de cœur !


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    (il reste 2 strophes à lire)
    Jules Vernes
    • 0
  3. Lorsque la douce nuit

    Lorsque la douce nuit, comme une douce amante,
    S’avance pas à pas, à la chute du jour,
    S’avance dans le ciel, tendre, timide et lente,
    Toute heureuse d’un fol amour ;

    Lorsque les feux muets sortent du ciel propice,
    Pointillent dans la nuit, discrets, étincelants,
    Eparpillent au loin leurs gerbes d’artifices,
    Dans les espaces purs et blancs ;

    Quand le ciel amoureux au sein des rideaux sombres,
    Tout chaud de ce soleil qui vient de l’embraser,
    A la terre, pour lui pleine d’amour et d’ombres,
    S’unit dans un brûlant baiser ;

    Quand se réfléchissant comme en un lac limpide,
    L’étoile de l’azur, sur le sol transparent,
    Allume au sein de l’herbe une étoile timide,
    Cette étoile du ver luisant ;


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    Jules Vernes
    • 2
  4. Le jeudi saint a ténèbres

    J’aime d’un amour saint l’immense cathédrale
    Qui porte fièrement sa tête colossale,
    Lève sa tour altière où la cloche se plaint,
    Et fait frissonner l’air sous son marteau d’airain.
    Surtout au crépuscule, à ces heures funèbres,
    Lorsque le
    Jeudi saint nous appelle à
    Ténèbres,
    Où la nuit veut en vain, en doublant ses vapeurs,
    Enchaîner en son sein le grand jour des douleurs,
    Où l’âme plus chagrine, et plus mélancolique,
    Pressent dans la nature un spectacle tragique,
    J’aime à venir entendre au temple triste et noir
    Les chants, les cris, les pleurs de l’office du soir.

    Tout est regret ! la lune à peine entrouvre l’ombre,
    Jetant un vain regard sur la terre trop sombre ;
    Elle en comprend le crime et se revêt de deuil ;
    Puis un instant, du ciel demeurant sur le seuil,
    Craignant d’en dissiper la ténébreuse teinte,
    Elle fuit ; pâlit ; meurt, comme une lampe éteinte !
    Dans ces nuits de douleur, la tristesse est au ciel,
    Le remords sur la terre, et dans l’âme le fiel :
    Tout gémit, et tout pleure ; en l’univers fixée,
    La mort entoure tout de sa froide pensée !

    Implorant le
    Seigneur de ses géantes tours,

    Elevant jusqu’à lui ses bras larges et lourds,


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    (il reste 71 strophes à lire)
    Jules Vernes
    • 1
  5. La Vapeur

    Maintenant la vapeur est à l’ordre du jour.
    Tout marche par son aide ! Est-ce un bien pour le monde ?
    Pour bien choisir sur terre où toute chose abonde,
    Faut-il donc se hâter, lorsqu’on en fait le tour.

    On vole désormais sur la terre et sur l’onde ;
    On fait sans y penser l’aller et le retour ;
    On singe le soleil qui, lorsqu’il fait sa ronde,
    Mesure en une nuit le céleste séjour.

    Ce ne peut être un bien que dans ces temps de guerre,
    Où sont anéantis ces hommes qui naguère
    Marchaient contre la mort sans reproche et sans peur,

    Si trompant l’ennemi par sa subtile ruse,
    Refaisant des guerriers autant que l’on en use,
    L’amour toutes les nuits marchait à la vapeur !

    Jules Vernes
    • 0
  6. La jeune fille

    Cachée au sein des nuits, des astres, qu’à foison
    Dieu sema dans le ciel pour sourire à la terre,
    Une étoile surtout, au seuil de la maison
    Luit, et répand sur elle une douce lumière !

    C’est une jeune fille, à l’aimable raison.
    Elle est modeste, plaît, mais sans chercher à plaire ;
    Elle vit en silence, et l’amour de sa mère,
    Les soins de l’intérieur, font tout son horizon ;

    Son cœur pour consoler prend une part des peines ;
    Ses caresses jamais importunes, ni vaines,
    Arrêtent sûrement les larmes dans les yeux ;

    La paisible gaîté sur son visage brille ;
    Tous l’aiment à l’envi ; c’est un ange des Cieux
    Dont le Seigneur a fait l’ange de la famille !

    Jules Vernes
    • 1
  7. La Fille de l’air

    À Herminie.

    Je suis blonde et charmante,
    Ailée et transparente,
    Sylphe, follet léger, je suis fille de l’air,
    Que puis-je avoir à craindre ?
    Une nuit de m’éteindre ?
    Qu’importe de mourir comme meurt un éclair !

    Je vole sur la nue ;
    Aux mortels inconnue,
    Je dispute en riant la vitesse aux zéphirs !
    Il n’est point de tempête
    Qui pende sur ma tête ;
    Je plane, et n’entends plus des trop lointains soupirs.

    Je vais où va l’aurore ;
    On me retrouve encore
    Aux mers où tout en feu se plonge le soleil !
    Quand son tour le ramène,
    Prompte, sans perdre haleine,
    je le joins, et c’est moi qu’on salue au réveil.


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    (il reste 12 strophes à lire)
    Jules Vernes
    • 0
  8. L’oméopathie

    Les fougueux partisans du savant
    Hippocrate
    Voient avec trop d’horreur ces médecins nouveaux,
    Qui donnent pour guérir ce qui cause les maux,
    Et se sont décorés du mot :
    Oméopathe !

    Les anciens médecins de colère ponceaux
    Veulent les transformer en sujets d’Harpocrate !
    Pour leur mettre une corde en guise de cravate,
    Ils cherchent en hurlant des gibets, des bourreaux !

    Oh ! ne vous pressez pas, médecins trop barbares !
    Ne vous comportez pas comme de vrais
    Tartares !
    Le remords vous viendrait ensuite sans retour !

    La question est-elle assez approfondie ?
    Ne faut-il pas traiter sic quelque maladie ?
    Comment peut-on guérir l’amour ?
    Avec l’amour !

    Jules Vernes
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  9. L’orpheline au couvent

    J’étais seule sur terre, encor bien jeune, hélas !

    Faible fleur sans racine,
    Sans appui, sans parents que je ne connus pas.

    Je restais orpheline !

    La mort avait frappé, comme frappe un faucheur


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    Jules Vernes
    • 4
  10. L’adieu a une dame

    Lorsqu’Adam fut chassé de l’Eden enchanteur,
    Il s’arrêta devant son entrée interdite,
    Puis il maudit son sort, sa faiblesse séduite :
    Ce qu’il voyait alors pressentait le malheur.

    En promenant au loin sa misère et sa fuite,
    Il apprit à porter son fardeau de douleur !
    Il soupire un instant, puis il vit et s’agite :
    Le mouvement pour lui devient consolateur !

    Vous, dont je n’aurai plus ni l’amour, ni les charmes,
    Tel serai-je ! avec vous, je n’avais que des larmes,
    Pour ce que je connus, je n’avais que soupirs !

    Sans doute, en mon ciel, je me ferai plus sage ;
    De la tentation je fuirai le naufrage !
    Pourtant je ne puis voir mon
    Eden sans désirs !

    Jules Vernes
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