1. Les corbeaux battent la campagne

    Les corbeaux battent la campagne
    La nuit s'éteint
    Pour une tête qui s'éveille
    Les cheveux blancs le dernier rêve
    Les mains se font jour de leur sang

    Une étoile nommée azur
    Et dont la forme est terrestre

    Folle des cris à pleine gorge
    Folle des rêves
    Folle aux chapeaux de sœur cyclone
    Enfance brève folle aux grands vents
    Comment ferais-tu la belle la coquette

    Ne rira plus
    L'ignorance l'indifférence
    Ne révèlent pas leur secret
    Tu ne sais pas saluer à temps
    Ni te comparer aux merveilles
    Tu ne m'écoutes pas


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    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  2. La terre est bleue

    La terre est bleue comme une orange
    Jamais une erreur les mots ne mentent pas
    Ils ne vous donnent plus à chanter
    Au tour des baisers de s'entendre
    Les fous et les amours
    Elle sa bouche d'alliance
    Tous les secrets tous les sourires
    Et quels vêtements d'indulgence
    À la croire toute nue.

    Les guêpes fleurissent vert
    L'aube se passe autour du cou
    Un collier de fenêtres
    Des ailes couvrent les feuilles
    Tu as toutes les joies solaires
    Tout le soleil sur la terre
    Sur les chemins de ta beauté.

    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  3. L’habituelle

    L'habituelle
    Joue bonjour comme on joue l'aveugle
    L'amour alors même qu'on y pense à peine
    Elle est sur le rivage et dans tous les bras
    Toujours
    Les hasards sont à sa merci
    Et les rêves des absents
    Elle se sait vivante
    Toute les raisons de vivre.

    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  4. Je me suis séparé de toi

    Je me suis séparé de toi
    Mais l'amour me précédait encore
    Et quand j'ai tendu les bras
    La douleur est venue s'y faire plus amère
    Tout le désert à boire

    Pour me séparer de moi-même.

    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  5. Bercée de chair

    Bercée de chair frémissante pâture
    Sur les rives du sang qui déchirent le jour
    Le sang nocturne l'a chassée
    Échevelée la gorge prise aux abus de l'orage
    Victime abandonnée des ombres
    Et des pas les plus doux et des désirs limpides
    Son front ne sera plus le repos assuré
    Ni ses yeux la faveur de rêver de sa voix
    Ni ses mains les libératrices.

    Criblée de feux criblée d'amour n'aimant personne
    Elle se forge des douleurs démesurées
    Et toutes ses raisons de souffrir disparaissent.

    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  6. Amoureuse au secret

    Amoureuse au secret derrière ton sourire
    Toute nue les mots d'amour
    Découvrent tes seins et ton cou
    Et tes paupières
    Découvrent toutes les caresse
    Pour que les baisers dans tes yeux
    Ne montrent que toi toute entière.

    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  7. À haute voix

    À haute voix
    L'amour agile se leva
    Avec de si brillants éclats
    Que dans son grenier le cerveau
    Eut peur de tout avouer.

    À haute voix
    Tous les corbeaux du sang couvrirent
    La mémoire d'autres naissances
    Puis renversés dans la lumière
    L'avenir roué de baisers.

    Injustice impossible un seul être est au monde
    L'amour choisit l'amour sans changer de visage.

    Paul EluardRecueil : L'Amour la poésie
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  8. Un bien vieil habit

    O mes amis, ma douleur est extrême,
    Je ne puis plus porter ce vieil habit !
    Lorsqu’on est noble, il est dur tout de même,
    En soi de voir un si grand déficit !
    J’en suis, hélas ! au dernier exemplaire,
    Un grand malheur sur nous tous à ‘ fondu !
    Notre tailleur ne peut plus nous en faire,
    Car le secret de l’étoffe est perdu !

    Voyez autour la crasse qui le borde !
    Dans les salons puis-je paraître ainsi !
    Mon habit est usé jusqu’à la corde !
    Un trou par là, deux accrocs par ici !
    Voyez de plus la fragile doublure
    Qui pour partir ne l’a pas attendu !
    Il va falloir faire triste figure,
    Car le secret de l’étoffe est perdu !

    De plus il est déchiré par derrière,
    Sur le devant, les manches de côté ;
    Son pan unique appelle en vain son frère,
    De son amour violemment écarté !
    J’entends son cri de douleur, de tristesse,
    Jusqu’à présent, je l’ai seul entendu !
    Mais je vois bien qu’il peut crier sans cesse,
    Car le secret de l’étoffe est perdu !

    Je vais, bien sûr, faire quelque brioche :
    Dans mes discours je vais être arrêté !
    Je n’aurai plus avec moi, dans ma poche,
    Car au travers on voit l’immensité !
    Ce calepin si fidèle et commode,
    Où je trouvais de l’esprit tout pondu !
    Pas de tailleur qui me le raccommode,
    Car le secret de l’étoffe est perdu !


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    Jules Vernes
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  9. Vous êtes jeune et belle

    Vous êtes jeune et belle, et vos lèvres rieuses
    N’ont que charmants souris tout fraîchement éclos ;
    Le temps sonne pour vous ses heures folles, joyeuses
    Qui vont se succédant comme les flots aux flots.

    L’amour pour vos plaisirs rend plus voluptueuses
    Ces langueurs qui s’en vont en de tendres sanglots ;
    La fortune, les ris, et les choses heureuses,
    Catinetta mia, voilà quels sont vos lots !

    Quand vous prendrez le deuil d’une prompte jeunesse,
    Et que vous sentirez les doigts de la vieillesse
    De jours d’or et de soie, hélas ! brouiller le fil !

    Quand tout vous fera mal, et le bonheur des autres,
    Ces plaisirs enivrants qui ne sont plus les vôtres,
    Tout, jusqu’au souvenir ? — Que vous restera-t-il ?

    Jules Vernes
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  10. Rondeau redoublé

    Rondeau

    J’eus de l’amour bien vrai pour
    Herminie,
    Elle inspirait de tendres sentiments ;
    Si sa vertu ne se fût pas ternie,
    Elle entendrait encor mes doux serments !

    J’ai bien passé d’agréables moments
    Dans son aimable et fine compagnie ;
    Lui confiant ma joie et mes tourments,
    J’eus de l’amour bien vrai pour
    Herminie !

    Près d’elle pur et sans monotonie
    Le temps fuyait entre mille agréments,
    A qui voyait sa charmante manie
    Elle inspirait de tendres sentiments !


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    Jules Vernes
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