1. Stances

    J’ay varié ma vie en devidant la trame
    Que Clothon me filoit entre malade et sain,
    Maintenant la santé se logeoit en mon sein,
    Tantost la maladie extreme fleau de l’ame.

    La goutte ja vieillard me bourrela les veines,
    Les muscles et les nerfs, execrable douleur,
    Montrant en cent façons par cent diverses peines
    Que l’homme n’est sinon le subject de malheur.

    L’un meurt en son printemps, l’autre attend la vieillesse,
    Le trespas est tout un, les accidens divers :
    Le vray tresor de l’homme est la verte jeunesse,
    Le reste de nos ans ne sont que des hivers.

    Pour long temps conserver telle richesse entiere
    Ne force ta nature, ains ensuy la raison,
    Fuy l’amour et le vin, des vices la matiere,
    Grand loyer t’en demeure en la vieille saison.


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    Pierre de RonsardRecueil : Derniers vers
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  2. Une soirée perdue

    J’étais seul, l’autre soir, au Théâtre Français,
    Ou presque seul ; l’auteur n’avait pas grand succès.
    Ce n’était que Molière, et nous savons de reste
    Que ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste,
    Ignora le bel art de chatouiller l’esprit
    Et de servir à point un dénoûment bien cuit.
    Grâce à Dieu, nos auteurs ont changé de méthode,
    Et nous aimons bien mieux quelque drame à la mode
    Où l’intrigue, enlacée et roulée en feston,
    Tourne comme un rébus autour d’un mirliton.
    J’écoutais cependant cette simple harmonie,
    Et comme le bon sens fait parler le génie.
    J’admirais quel amour pour l’âpre vérité
    Eut cet homme si fier en sa naïveté,
    Quel grand et vrai savoir des choses de ce monde,
    Quelle mâle gaieté, si triste et si profonde
    Que, lorsqu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer !
    Et je me demandais : Est-ce assez d’admirer ?
    Est-ce assez de venir, un soir, par aventure,
    D’entendre au fond de l’âme un cri de la nature,
    D’essuyer une larme, et de partir ainsi,
    Quoi qu’on fasse d’ailleurs, sans en prendre souci ?
    Enfoncé que j’étais dans cette rêverie,
    Çà et là, toutefois, lorgnant la galerie,
    Je vis que, devant moi, se balançait gaiement
    Sous une tresse noire un cou svelte et charmant ;
    Et, voyant cet ébène enchâssé dans l’ivoire,
    Un vers d’André Chénier chanta dans ma mémoire,
    Un vers presque inconnu, refrain inachevé,
    Frais comme le hasard, moins écrit que rêvé.
    J’osai m’en souvenir, même devant Molière ;
    Sa grande ombre, à coup sûr, ne s’en offensa pas ;
    Et, tout en écoutant, je murmurais tout bas,
    Regardant cette enfant, qui ne s’en doutait guère :
    » Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat,
    Se plie, et de la neige effacerait l’éclat. »

    Puis je songeais encore (ainsi va la pensée)
    Que l’antique franchise, à ce point délaissée,
    Avec notre finesse et notre esprit moqueur,
    Ferait croire, après tout, que nous manquons de coeur ;
    Que c’était une triste et honteuse misère
    Que cette solitude à l’entour de Molière,
    Et qu’il est pourtant temps, comme dit la chanson,
    De sortir de ce siècle ou d’en avoir raison ;
    Car à quoi comparer cette scène embourbée,
    Et l’effroyable honte où la muse est tombée ?
    La lâcheté nous bride, et les sots vont disant
    Que, sous ce vieux soleil, tout est fait à présent ;
    Comme si les travers de la famille humaine
    Ne rajeunissaient pas chaque an, chaque semaine.
    Notre siècle a ses moeurs, partant, sa vérité ;
    Celui qui l’ose dire est toujours écouté.

    Ah ! j’oserais parler, si je croyais bien dire,
    J’oserais ramasser le fouet de la satire,
    Et l’habiller de noir, cet homme aux rubans verts,
    Qui se fâchait jadis pour quelques mauvais vers.
    S’il rentrait aujourd’hui dans Paris, la grand’ville,
    Il y trouverait mieux pour émouvoir sa bile
    Qu’une méchante femme et qu’un méchant sonnet ;
    Nous avons autre chose à mettre au cabinet.
    Ô notre maître à tous, si ta tombe est fermée,
    Laisse-moi dans ta cendre, un instant ranimée,
    Trouver une étincelle, et je vais t’imiter !
    J’en aurai fait assez si je puis le tenter.
    Apprends-moi de quel ton, dans ta bouche hardie,
    Parlait la vérité, ta seule passion,
    Et, pour me faire entendre, à défaut du génie,
    J’en aurai le courage et l’indignation !

    Ainsi je caressais une folle chimère.
    Devant moi cependant, à côté de sa mère,
    L’enfant restait toujours, et le cou svelte et blanc
    Sous les longs cheveux noirs se berçait mollement.
    Le spectacle fini, la charmante inconnue
    Se leva. Le beau cou, l’épaule à demi nue,
    Se voilèrent ; la main glissa dans le manchon ;
    Et, lorsque je la vis au seuil de sa maison
    S’enfuir, je m’aperçus que je l’avais suivie.
    Hélas ! mon cher ami, c’est là toute ma vie.
    Pendant que mon esprit cherchait sa volonté,
    Mon corps savait la sienne et suivait la beauté ;
    Et, quand je m’éveillai de cette rêverie,
    Il ne m’en restait plus que l’image chérie :
    » Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat,
    Se plie, et de la neige effacerait l’éclat. «

    Alfred de MussetRecueil : Poésies nouvelles
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  3. Sur trois marches de marbre rose

    Depuis qu’Adam, ce cruel homme,
    A perdu son fameux jardin,
    Où sa femme, autour d’une pomme,
    Gambadait sans vertugadin,
    Je ne crois pas que sur la terre
    Il soit un lieu d’arbres planté
    Plus célébré, plus visité,
    Mieux fait, plus joli, mieux hanté,
    Mieux exercé dans l’art de plaire,
    Plus examiné, plus vanté,
    Plus décrit, plus lu, plus chanté,
    Que l’ennuyeux parc de Versailles.
    Ô dieux ! ô bergers ! ô rocailles !
    Vieux Satyres, Termes grognons,
    Vieux petits ifs en rangs d’oignons,
    Ô bassins, quinconces, charmilles !
    Boulingrins pleins de majesté,
    Où les dimanches, tout l’été,
    Bâillent tant d’honnêtes familles !
    Fantômes d’empereurs romains,
    Pâles nymphes inanimées
    Qui tendez aux passants les mains,
    Par des jets d’eau tout enrhumées !
    Tourniquets d’aimables buissons,
    Bosquets tondus où les fauvettes
    Cherchent en pleurant leurs chansons,
    Où les dieux font tant de façons
    Pour vivre à sec dans leurs cuvettes !
    Ô marronniers ! n’ayez pas peur ;
    Que votre feuillage immobile,
    Me sachant versificateur,
    N’en demeure pas moins tranquille.
    Non, j’en jure par Apollon
    Et par tout le sacré vallon,
    Par vous, Naïades ébréchées,
    Sur trois cailloux si mal couchées,
    Par vous, vieux maîtres de ballets,
    Faunes dansant sur la verdure,
    Par toi-même, auguste palais,
    Qu’on n’habite plus qu’en peinture,
    Par Neptune, sa fourche au poing,
    Non, je ne vous décrirai point.
    Je sais trop ce qui vous chagrine ;
    De Phoebus je vois les effets :
    Ce sont les vers qu’on vous a faits
    Qui vous donnent si triste mine.
    Tant de sonnets, de madrigaux,
    Tant de ballades, de rondeaux,
    Où l’on célébrait vos merveilles,
    Vous ont assourdi les oreilles,
    Et l’on voit bien que vous dormez
    Pour avoir été trop rimés.

    En ces lieux où l’ennui repose,
    Par respect aussi j’ai dormi.
    Ce n’était, je crois, qu’à demi :
    Je rêvais à quelque autre chose.
    Mais vous souvient-il, mon ami,
    De ces marches de marbre rose,
    En allant à la pièce d’eau
    Du côté de l’Orangerie,
    À gauche, en sortant du château ?
    C’était par là, je le parie,
    Que venait le roi sans pareil,
    Le soir, au coucher du soleil,
    Voir dans la forêt, en silence,
    Le jour s’enfuir et se cacher
    (Si toutefois en sa présence
    Le soleil osait se coucher).
    Que ces trois marches sont jolies !
    Combien ce marbre est noble et doux !
    Maudit soit du ciel, disions-nous,
    Le pied qui les aurait salies !
    N’est-il pas vrai ? Souvenez-vous.
    - Avec quel charme est nuancée
    Cette dalle à moitié cassée !
    Voyez-vous ces veines d’azur,
    Légères, fines et polies,
    Courant, sous les roses pâlies,
    Dans la blancheur d’un marbre pur ?
    Tel, dans le sein robuste et dur
    De la Diane chasseresse,
    Devait courir un sang divin ;
    Telle, et plus froide, est une main
    Qui me menait naguère en laisse.
    N’allez pas, du reste, oublier
    Que ces marches dont j’ai mémoire
    Ne sont pas dans cet escalier
    Toujours désert et plein de gloire,
    Où ce roi, qui n’attendait pas,
    Attendit un jour, pas à pas,
    Condé, lassé par la victoire.
    Elles sont près d’un vase blanc,
    Proprement fait et fort galant.
    Est-il moderne ? est-il antique ?
    D’autres que moi savent cela ;
    Mais j’aime assez à le voir là,
    Étant sûr qu’il n’est point gothique.
    C’est un bon vase, un bon voisin ;
    Je le crois volontiers cousin
    De mes marches couleur de rose ;
    Il les abrite avec fierté.
    Ô mon Dieu ! dans si peu de chose
    Que de grâce et que de beauté !

    Dites-nous, marches gracieuses,
    Les rois, les princes, les prélats,
    Et les marquis à grands fracas,
    Et les belles ambitieuses,
    Dont vous avez compté les pas ;
    Celles-là surtout, j’imagine,
    En vous touchant ne pesaient pas.
    Lorsque le velours ou l’hermine
    Frôlaient vos contours délicats,
    Laquelle était la plus légère ?
    Est-ce la reine Montespan ?
    Est-ce Hortense avec un roman,
    Maintenon avec son bréviaire,
    Ou Fontange avec son ruban ?
    Beau marbre, as-tu vu la Vallière ?
    De Parabère ou de Sabran
    Laquelle savait mieux te plaire ?
    Entre Sabran et Parabère
    Le Régent même, après souper,
    Chavirait jusqu’à s’y tromper.
    As-tu vu le puissant Voltaire,
    Ce grand frondeur des préjugés,
    Avocat des gens mal jugés,
    Du Christ ce terrible adversaire,
    Bedeau du temple de Cythère,
    Présentant à la Pompadour
    Sa vieille eau bénite de cour ?
    As-tu vu, comme à l’ermitage,
    La rondelette Dubarry
    Courir, en buvant du laitage,
    Pieds nus, sur le gazon fleuri ?
    Marches qui savez notre histoire,
    Aux jours pompeux de votre gloire,
    Quel heureux monde en ces bosquets !
    Que de grands seigneurs, de laquais,
    Que de duchesses, de caillettes,
    De talons rouges, de paillettes,
    Que de soupirs et de caquets,
    Que de plumets et de calottes,
    De falbalas et de culottes,
    Que de poudre sous ces berceaux,
    Que de gens, sans compter les sots !
    Règne auguste de la perruque,
    Le bourgeois qui te méconnaît
    Mérite sur sa plate nuque
    D’avoir un éternel bonnet.
    Et toi, siècle à l’humeur badine,
    Siècle tout couvert d’amidon,
    Ceux qui méprisent ta farine
    Sont en horreur à Cupidon !
    Est-ce ton avis, marbre rose ?
    Malgré moi, pourtant, je suppose
    Que le hasard qui t’a mis là
    Ne t’avait pas fait pour cela.
    Aux pays où le soleil brille,
    Près d’un temple grec ou latin,
    Les beaux pieds d’une jeune fille,
    Sentant la bruyère et le thym,
    En te frappant de leurs sandales,
    Auraient mieux réjoui tes dalles
    Qu’une pantoufle de satin.
    Est-ce d’ailleurs pour cet usage
    Que la nature avait formé
    Ton bloc jadis vierge et sauvage
    Que le génie eût animé ?
    Lorsque la pioche et la truelle
    T’ont scellé dans ce parc boueux,
    En t’y plantant malgré les dieux,
    Mansard insultait Praxitèle.
    Oui, si tes flancs devaient s’ouvrir,
    Il fallait en faire sortir
    Quelque divinité nouvelle.
    Quand sur toi leur scie a grincé,
    Les tailleurs de pierre ont blessé
    Quelque Vénus dormant encore,
    Et la pourpre qui te colore
    Te vient du sang qu’elle a versé.

    Est-il donc vrai que toute chose
    Puisse être ainsi foulée aux pieds,
    Le rocher où l’aigle se pose,
    Comme la feuille de la rose
    Qui tombe et meurt dans nos sentiers ?
    Est-ce que la commune mère,
    Une fois son oeuvre accompli,
    Au hasard livre la matière,
    Comme la pensée à l’oubli ?
    Est-ce que la tourmente amère
    Jette la perle au lapidaire
    Pour qu’il l’écrase sans façon ?
    Est-ce que l’absurde vulgaire
    Peut tout déshonorer sur terre
    Au gré d’un cuistre ou d’un maçon ?

    Alfred de MussetRecueil : Poésies nouvelles
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  4. Souvenir

    J’espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir
    En osant te revoir, place à jamais sacrée,
    O la plus chère tombe et la plus ignorée
    Où dorme un souvenir !

    Que redoutiez-vous donc de cette solitude,
    Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main,
    Alors qu’une si douce et si vieille habitude
    Me montrait ce chemin ?

    Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,
    Et ces pas argentins sur le sable muet,
    Ces sentiers amoureux, remplis de causeries,
    Où son bras m’enlaçait.

    Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,
    Cette gorge profonde aux nonchalants détours,
    Ces sauvages amis, dont l’antique murmure
    A bercé mes beaux jours.


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    • 1
  5. La nuit de mai

    LA MUSE

    Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
    La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore,
    Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ;
    Et la bergeronnette, en attendant l’aurore,
    Aux premiers buissons verts commence à se poser.
    Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

    LE POÈTE

    Comme il fait noir dans la vallée !
    J’ai cru qu’une forme voilée
    Flottait là-bas sur la forêt.
    Elle sortait de la prairie ;
    Son pied rasait l’herbe fleurie ;
    C’est une étrange rêverie ;
    Elle s’efface et disparaît.


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    • 0
  6. La nuit de décembre

    LE POÈTE

    Du temps que j’étais écolier,
    Je restais un soir à veiller
    Dans notre salle solitaire.
    Devant ma table vint s’asseoir
    Un pauvre enfant vêtu de noir,
    Qui me ressemblait comme un frère.

    Son visage était triste et beau :
    A la lueur de mon flambeau,
    Dans mon livre ouvert il vint lire.
    Il pencha son front sur sa main,
    Et resta jusqu’au lendemain,
    Pensif, avec un doux sourire.

    Comme j’allais avoir quinze ans
    Je marchais un jour, à pas lents,
    Dans un bois, sur une bruyère.
    Au pied d’un arbre vint s’asseoir
    Un jeune homme vêtu de noir,
    Qui me ressemblait comme un frère.


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    • 0
  7. La nuit d’octobre

    LE POÈTE

    Le mal dont j’ai souffert s’est enfui comme un rêve.
    Je n’en puis comparer le lointain souvenir
    Qu’à ces brouillards légers que l’aurore soulève,
    Et qu’avec la rosée on voit s’évanouir.

    LA MUSE

    Qu’aviez-vous donc, ô mon poète !
    Et quelle est la peine secrète
    Qui de moi vous a séparé ?
    Hélas ! je m’en ressens encore.
    Quel est donc ce mal que j’ignore
    Et dont j’ai si longtemps pleuré ?


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    • 0
  8. La nuit d’août

    LA MUSE

    Depuis que le soleil, dans l’horizon immense,
    A franchi le Cancer sur son axe enflammé,
    Le bonheur m’a quittée, et j’attends en silence
    L’heure où m’appellera mon ami bien-aimé.
    Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;
    Des beaux jours d’autrefois rien n’y semble vivant.
    Seule, je viens encor, de mon voile couverte,
    Poser mon front brûlant sur sa porte entr’ouverte,
    Comme une veuve en pleurs au tombeau d’un enfant.

    LE POÈTE

    Salut à ma fidèle amie !
    Salut, ma gloire et mon amour !
    La meilleure et la plus chérie
    Est celle qu’on trouve au retour.
    L’opinion et l’avarice
    Viennent un temps de m’emporter.
    Salut, ma mère et ma nourrice !
    Salut, salut consolatrice !
    Ouvre tes bras, je viens chanter.


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  9. Idylle

    A quoi passer la nuit quand on soupe en carême ?
    Ainsi, le verre en main, raisonnaient deux amis.
    Quels entretiens choisir, honnêtes et permis,
    Mais gais, tels qu’un vieux vin les conseille et les aime ?

    RODOLPHE

    Parlons de nos amours ; la joie et la beauté
    Sont mes dieux les plus chers, après la liberté.
    Ébauchons, en trinquant, une joyeuse idylle.
    Par les bois et les prés, les bergers de Virgile
    Fêtaient la poésie à toute heure, en tout lieu ;
    Ainsi chante au soleil la cigale-dorée.
    D’une voix plus modeste, au hasard inspirée,
    Nous, comme le grillon, chantons au coin du feu.

    ALBERT


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  10. A la Malibran

    Stances

    I

    Sans doute il est trop tard pour parler encor d’elle ;
    Depuis qu’elle n’est plus quinze jours sont passés,
    Et dans ce pays-ci quinze jours, je le sais,
    Font d’une mort récente une vieille nouvelle.
    De quelque nom d’ailleurs que le regret s’appelle,
    L’homme, par tout pays, en a bien vite assez.

    II


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