Louis AragonRecueil : Le Voyage de Hollande et autres poèmesJ’arrive où je suis étranger
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D’où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu’importe et qu’importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l’enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C’est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l’enfant qu’est-il devenu
Je me regarde et je m’étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d’antan
Tomber la poussière du temps
C’est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C’est comme une eau froide qui monte
C’est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu’on corroie
C’est long d’être un homme une chose
C’est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
Ô mer amère ô mer profonde
Quelle est l’heure de tes marées
Combien faut-il d’années-secondes
À l’homme pour l’homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger.- 2
Louis AragonRecueil : Le Roman inachevéElsa
Tandis que je parlais le langage des vers
Elle s’est doucement tendrement endormie
Comme une maison d’ombre au creux de notre vie
Une lampe baissée au coeur des myrrhes vertsSa joue a retrouvé le printemps du repos
Ô corps sans poids posé dans un songe de toile
Ciel formé de ses yeux à l’heure des étoiles
Un jeune sang l’habite au couvert de sa peau
La voila qui reprend le versant de ses fables
Dieu sait obéissant à quels lointains signaux
Et c’est toujours le bal la neige les traîneaux
Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables
Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis
Qu’elle reste pareille aux marches du silence
Qui m’échappe pourtant de toute son enfance
Dans ce pays secret à mes pas interdit
Je te supplie amour au nom de nous ensemble
De ma suppliciante et folle jalousie
Ne t’en va pas trop loin sur la pente choisie
Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble
J’ai peur éperdument du sommeil de tes yeux
Je me ronge le coeur de ce coeur que j’écoute
Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route
Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux- 1
Louis AragonRecueil : Le Crève-coeurSanta Espina
Je me souviens d’un air qu’on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l’on savait enfin pourquoi le ciel est bleuJe me souviens d’un air pareil à l’air du large
D’un air pareil au cri des oiseaux migrateurs
Un air dont le sanglot semble porter en marge
La revanche de sel des mers sur leurs dompteursJe me souviens d’un air que l’on sifflait dans l’ombre
Dans les temps sans soleils ni chevaliers errants
Quand l’enfance pleurait et dans les catacombes
Rêvait un peuple pur à la mort des tyransIl portait dans son nom les épines sacrées
Qui font au front d’un dieu ses larmes de couleur
Et le chant dans la chair comme une barque ancrée
Ravivait sa blessure et rouvrait sa douleur
Lire le poème "Santa Espina" en entier
(il reste 5 strophes à lire)- 1
Louis AragonRecueil : Feu de joieVie de Jean-Baptiste A***
Une ombre au milieu du soleil dort
soleil d'or
Jean-Bart
dans l'avenue aux catalpas
Mais patience
En ce temps je n'étais pas né
Le train repartROSA la rose et ce goût d'encre ô mon enfance
Calculer Cos. ?
en fonction de
tg ?/2Ma jeunesse Apéro qu'à peine ont aperçu
les glaces d'un café lasses de tant de mouches
Jeunesse et je n'ai pas baisé toutes les bouchesLe premier arrivé au fond du corridor
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 MORT
Une ombre au milieu du soleil dort c'est l'œil- 1
Louis AragonRecueil : Feu de joieVie de Jean-Baptiste A***
Une ombre au milieu du soleil dort
soleil d'or
Jean-Bart
dans l'avenue aux catalpas
Mais patience
En ce temps je n'étais pas né
Le train repartROSA la rose et ce goût d'encre ô mon enfance
Calculer Cos. ?
en fonction de
tg ?/2Ma jeunesse Apéro qu'à peine ont aperçu
les glaces d'un café lasses de tant de mouches
Jeunesse et je n'ai pas baisé toutes les bouchesLe premier arrivé au fond du corridor
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 MORT
Une ombre au milieu du soleil dort c'est l'œil- 0
Louis AragonRecueil : Feu de joieLe Délire du Fantassin
L’enfant fantôme fend de l'homme
entre les piliers de pierre :
2 ? R, son tour de tête.
( La tour monte, attention au ciel )
Comme il mue, avec sa voix de rogomme
il effraye à tort ou à raison l'orfraie empaillée
Qu'on ne voit pas à cause de la chaleur
à cause de la couleur
à cause de la douleurJamais la boule en buis ne pourra retomber
Sur le bout de bois blanc du bilboquet- 0
Louis AragonRecueil : Feu de joieLe Délire du Fantassin
L’enfant fantôme fend de l'homme
entre les piliers de pierre :
2 ? R, son tour de tête.
( La tour monte, attention au ciel )
Comme il mue, avec sa voix de rogomme
il effraye à tort ou à raison l'orfraie empaillée
Qu'on ne voit pas à cause de la chaleur
à cause de la couleur
à cause de la douleurJamais la boule en buis ne pourra retomber
Sur le bout de bois blanc du bilboquet- 0
Paul EluardRecueil : Le PhénixIl faut bien y croire
Les jeux de ces curieux enfants qui sont les nôtres
Jeux simples qui leur font les yeux émerveillés
Pleins d'une fièvre qui les rapproche et les éloigne
Du monde où nous rêvons de faire place aux autresLes jeux d'azur et de nuages
De gentillesses et de courses à la mesure d'un cœur futur
Qui ne sera jamais coupable
Les yeux de ces enfants qui sont nos yeux anciensNous eûmes plus de charmes que jamais les fées.
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Paul EluardRecueil : Le PhénixDominique aujourd’hui présente
Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n’y perd et nul n'y gagneLes sentiments à la dérive
Et l'effort le plus quotidien
Le vague souvenir des songes
L'avenir en butte à demainLes mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le ventMuscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le cœur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant
Lire le poème "Dominique aujourd’hui présente" en entier
(il reste 11 strophes à lire)- 1
Paul EluardRecueil : Le Devoir et l'InquiétudePluie
« Le mal, c'est comme les enfants, sur terre on doit en avoir. » Tu dis cela tranquillement, tes deux yeux surveillant le soir.
Par ce temps qui délabre tout, as-tu donc un si grand souci que je vois rien de ta peine, que ton calme est presque méchant —
et que l'eau qui tombe entre nous tombe entre nous comme dans un trou ?
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