Louis AragonRecueil : Le Roman inachevéElsa
Tandis que je parlais le langage des vers
Elle s’est doucement tendrement endormie
Comme une maison d’ombre au creux de notre vie
Une lampe baissée au coeur des myrrhes vertsSa joue a retrouvé le printemps du repos
Ô corps sans poids posé dans un songe de toile
Ciel formé de ses yeux à l’heure des étoiles
Un jeune sang l’habite au couvert de sa peau
La voila qui reprend le versant de ses fables
Dieu sait obéissant à quels lointains signaux
Et c’est toujours le bal la neige les traîneaux
Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables
Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis
Qu’elle reste pareille aux marches du silence
Qui m’échappe pourtant de toute son enfance
Dans ce pays secret à mes pas interdit
Je te supplie amour au nom de nous ensemble
De ma suppliciante et folle jalousie
Ne t’en va pas trop loin sur la pente choisie
Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble
J’ai peur éperdument du sommeil de tes yeux
Je me ronge le coeur de ce coeur que j’écoute
Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route
Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux- 1
Louis AragonRecueil : Le Crève-coeurSanta Espina
Je me souviens d’un air qu’on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l’on savait enfin pourquoi le ciel est bleuJe me souviens d’un air pareil à l’air du large
D’un air pareil au cri des oiseaux migrateurs
Un air dont le sanglot semble porter en marge
La revanche de sel des mers sur leurs dompteursJe me souviens d’un air que l’on sifflait dans l’ombre
Dans les temps sans soleils ni chevaliers errants
Quand l’enfance pleurait et dans les catacombes
Rêvait un peuple pur à la mort des tyransIl portait dans son nom les épines sacrées
Qui font au front d’un dieu ses larmes de couleur
Et le chant dans la chair comme une barque ancrée
Ravivait sa blessure et rouvrait sa douleur
Lire le poème "Santa Espina" en entier
(il reste 5 strophes à lire)- 1
Louis AragonRecueil : Feu de joieVie de Jean-Baptiste A***
Une ombre au milieu du soleil dort
soleil d'or
Jean-Bart
dans l'avenue aux catalpas
Mais patience
En ce temps je n'étais pas né
Le train repartROSA la rose et ce goût d'encre ô mon enfance
Calculer Cos. ?
en fonction de
tg ?/2Ma jeunesse Apéro qu'à peine ont aperçu
les glaces d'un café lasses de tant de mouches
Jeunesse et je n'ai pas baisé toutes les bouchesLe premier arrivé au fond du corridor
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 MORT
Une ombre au milieu du soleil dort c'est l'œil- 1
Louis AragonRecueil : Feu de joieVie de Jean-Baptiste A***
Une ombre au milieu du soleil dort
soleil d'or
Jean-Bart
dans l'avenue aux catalpas
Mais patience
En ce temps je n'étais pas né
Le train repartROSA la rose et ce goût d'encre ô mon enfance
Calculer Cos. ?
en fonction de
tg ?/2Ma jeunesse Apéro qu'à peine ont aperçu
les glaces d'un café lasses de tant de mouches
Jeunesse et je n'ai pas baisé toutes les bouchesLe premier arrivé au fond du corridor
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 MORT
Une ombre au milieu du soleil dort c'est l'œil- 0
Louis AragonRecueil : Feu de joieLe Délire du Fantassin
L’enfant fantôme fend de l'homme
entre les piliers de pierre :
2 ? R, son tour de tête.
( La tour monte, attention au ciel )
Comme il mue, avec sa voix de rogomme
il effraye à tort ou à raison l'orfraie empaillée
Qu'on ne voit pas à cause de la chaleur
à cause de la couleur
à cause de la douleurJamais la boule en buis ne pourra retomber
Sur le bout de bois blanc du bilboquet- 0
Louis AragonRecueil : Feu de joieLe Délire du Fantassin
L’enfant fantôme fend de l'homme
entre les piliers de pierre :
2 ? R, son tour de tête.
( La tour monte, attention au ciel )
Comme il mue, avec sa voix de rogomme
il effraye à tort ou à raison l'orfraie empaillée
Qu'on ne voit pas à cause de la chaleur
à cause de la couleur
à cause de la douleurJamais la boule en buis ne pourra retomber
Sur le bout de bois blanc du bilboquet- 0
Paul EluardRecueil : Le PhénixIl faut bien y croire
Les jeux de ces curieux enfants qui sont les nôtres
Jeux simples qui leur font les yeux émerveillés
Pleins d'une fièvre qui les rapproche et les éloigne
Du monde où nous rêvons de faire place aux autresLes jeux d'azur et de nuages
De gentillesses et de courses à la mesure d'un cœur futur
Qui ne sera jamais coupable
Les yeux de ces enfants qui sont nos yeux anciensNous eûmes plus de charmes que jamais les fées.
- 0
Paul EluardRecueil : Le PhénixDominique aujourd’hui présente
Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n’y perd et nul n'y gagneLes sentiments à la dérive
Et l'effort le plus quotidien
Le vague souvenir des songes
L'avenir en butte à demainLes mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le ventMuscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le cœur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant
Lire le poème "Dominique aujourd’hui présente" en entier
(il reste 11 strophes à lire)- 1
Paul EluardRecueil : Le Devoir et l'InquiétudePluie
« Le mal, c'est comme les enfants, sur terre on doit en avoir. » Tu dis cela tranquillement, tes deux yeux surveillant le soir.
Par ce temps qui délabre tout, as-tu donc un si grand souci que je vois rien de ta peine, que ton calme est presque méchant —
et que l'eau qui tombe entre nous tombe entre nous comme dans un trou ?
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Paul EluardRecueil : L'Amour la poésieLes corbeaux battent la campagne
Les corbeaux battent la campagne
La nuit s'éteint
Pour une tête qui s'éveille
Les cheveux blancs le dernier rêve
Les mains se font jour de leur sangUne étoile nommée azur
Et dont la forme est terrestreFolle des cris à pleine gorge
Folle des rêves
Folle aux chapeaux de sœur cyclone
Enfance brève folle aux grands vents
Comment ferais-tu la belle la coquetteNe rira plus
L'ignorance l'indifférence
Ne révèlent pas leur secret
Tu ne sais pas saluer à temps
Ni te comparer aux merveilles
Tu ne m'écoutes pas
Lire le poème "Les corbeaux battent la campagne" en entier
(il reste 1 strophes à lire)- 1