Vous voulez toujours sauver les autres ? Ce que la psychologie en dit

- Vouloir sauver les autres : ce n'est pas seulement de l'altruisme
- Syndrome du sauveur, d'où vient ce besoin de sauvetage ?
- Sauver les autres, c'est aussi exercer une forme de contrôle
- Ce besoin d'aider les autres coûte cher
- Des citations inspirantes sur le besoin de sauver et l'autonomie de l'autre
- Aider les autres sans se perdre
Vouloir sauver les autres : ce n'est pas seulement de l'altruisme
La première chose à comprendre : vouloir aider les autres n'est pas forcément désintéressé. Quand on ressent un besoin urgent de secourir quelqu'un, quelque chose se passe en nous : on se sent utile, nécessaire et on existe à travers l'autre.Le sauvetage devient, sans qu'on s'en rende compte, une façon de gérer ses propres émotions : l'anxiété, le sentiment de ne pas être à la hauteur, la peur d'être abandonné. Les psychologues parlent parfois de comportement de sauvetage ou de syndrome du sauveur. Ce n'est pas une maladie, mais un schéma relationnel qui peut s'installer tôt dans la vie.
Syndrome du sauveur, d'où vient ce besoin de sauvetage ?
Certains enfants apprennent très tôt que leur place dans la famille dépend de leur utilité. Ils apaisent les tensions entre les parents, protègent un frère ou une sœur plus fragile, gèrent les émotions d'un adulte débordé. Ils deviennent des "petits adultes" avant l'heure.Finalement ils retiennent que pour être aimé, il faut être indispensable. À l'âge adulte, ce schéma continue. L'amour, l'amitié, la valeur personnelle, tout ça reste conditionné à l'aide qu'on apporte. Dès qu'on n'est plus "utile", l'anxiété monte.
Le syndrome du sauveur n'est pas répertorié dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), mais il constitue un mode relationnel identifié en psychologie clinique. Cette tendance à vouloir aider ou « sauver » les autres de façon systématique, cherche à combler un besoin personnel de reconnaissance ou d’estime de soi, au détriment de son propre équilibre. Syndrome du sauveur - Définition, profils et déjouement.

Sauver les autres, c'est aussi exercer une forme de contrôle
Melody Beattie, dans son ouvrage "Codependent No More, Harper & Row, 1986" (Vaincre la codependance, en français), l'a décrit sans détour : la personne qui veut aider finit souvent par vouloir contrôler le comportement de l'autre. Pas par malveillance, par besoin.La codépendance problématique : quand vouloir aider les autres rend malade. 2024
Le psychiatre Murray Bowen a développé la théorie des systèmes familiaux. Selon lui, dans une relation, quand l'un des deux surfonctionne : prend tout en charge, anticipe, répare, l'autre se retrouve mécaniquement en position de dépendance. Ce qui ressemble à de l'aide maintient en réalité un déséquilibre.
Quand on prend en charge les problèmes de quelqu'un, on décide de la solution, du rythme, de la direction. On se place en position de force même si c'est inconscient. Et tant que l'autre a besoin de nous, la relation est "sécurisée". Il ne peut pas partir.
C'est là que la peur de l'abandon entre en scène. Rester indispensable, c'est une façon de ne pas être quitté, de ne pas être ignoré et continuer à exister dans le regard de l'autre.
Ce besoin d'aider les autres coûte cher
La personne qui sauve s'épuise. Elle donne, donne, donne, souvent sans recevoir. Elle finit par accumuler de la frustration, parce que les autres "ne font pas d'efforts", "ne changent pas", "ne sont pas reconnaissants". Elle se sent incomprise, voire exploitée.Mais il y a aussi un coût pour l'autre personne. Être constamment secouru, c'est aussi se voir retirer sa propre capacité à s'en sortir. Le sauveur, malgré ses bonnes intentions, peut maintenir l'autre dans une position de faiblesse. La relation devient déséquilibrée, parfois étouffante.
Des citations inspirantes sur le besoin de sauver et l'autonomie de l'autre
Pour pouvoir aider les autres, il faut avoir soi-même ce sentiment que les autres ont besoin de vous.Cette citation souligne que l’on aide mieux les autres lorsqu’on se sent soi-même utile et relié aux autres par un sentiment de nécessité réciproque.
Stefan Zweig
Aucun être ne peut en sauver un autre. Il faut se sauver soi-même.Melville rappelle que personne ne peut accomplir à notre place le travail intérieur nécessaire à notre épanouissement ou à notre salut personnel.
Herman Melville
Faire le bien sans chercher de récompense ; fuir le mal sans craindre le châtiment : homme rare sous le ciel.Cette phrase célèbre la vertu de celui qui agit moralement par conviction, sans attendre de récompense ni craindre une sanction.
Confucius
Autrui, c'est l'autre, c'est-à-dire le moi qui n'est pas moi.Sartre exprime l’idée que l’autre est à la fois semblable à nous et radicalement distinct, possédant sa propre conscience et son propre point de vue.
Jean-Paul Sartre
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont fils et filles du désir de Vie en lui-même. Ils viennent par vous mais non de vous, et bien qu'ils soient avec vous, ce n'est pas à vous qu'ils appartiennent. Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leur corps mais non leurs âmes, car leurs âmes habitent la demeure de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer de leur ressembler, mais n'essayez pas qu'ils vous ressemblent.Gibran invite les parents à aimer et accompagner leurs enfants tout en respectant leur liberté, leur individualité et leur propre destinée.
Khalil Gibran
Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer.Cette citation montre qu’un véritable leader inspire un objectif et un rêve commun plutôt que de se limiter à donner des consignes.
Antoine de Saint-Exupéry
Aider les autres sans se perdre
Il est tout à fait possible d'être quelqu'un de généreux, de présent, de soutenant, sans tomber dans ce piège. Demandez-vous simplement : est-ce que j'aide parce que j'en ai envie, ou parce que j'en ai besoin ?- Aider par envie, c'est léger : on donne, et on peut aussi ne pas donner. On accompagne, sans se substituer et on soutient, sans porter à la place de l'autre.
- Aider par besoin, c'est lourd : c'est une compulsion qui épuise, qui crée des attentes implicites, et qui finit souvent par abîmer les relations qu'on cherchait pourtant à protéger.
Personne ne peut sincèrement aider autrui sans s'aider soi-même : c'est l'une des plus belles compensations de la vie.
Ralph Waldo Emerson

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)



