12 phrases sur la résilience qui aident vraiment à se relever après une épreuve

Emilie Deffains | publié le | modifié le | 8 minutes de lecture
12 phrases sur la résilience qui aident vraiment à se relever après une épreuve
illustration Negar Nikkhah
Après un divorce, un licenciement, un deuil ou une maladie, on reçoit souvent les mêmes mots : "Courage, tu vas t'en sortir", "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort", "Le temps arrange tout". Ces phrases sont sincères. Mais quand on a mal, elles sonnent souvent creux. Qu'est-ce qui aide vraiment à se relever, alors ?
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12 phrases sur la résilience qui aident vraiment à se relever après une épreuve


Pourquoi certaines phrases sur la résilience tombent à plat ?

La résilience n'est pas un interrupteur qu'on active avec les bons mots. C'est un mécanisme progressif, qui échappe souvent à la conscience, et qui repose avant tout sur une capacité bien précise : donner du sens à ce qu'on traverse.

Le problème des phrases toutes faites, c'est qu'elles court-circuitent cette démarche : elles sautent directement à la conclusion ("tu vas t'en sortir") sans reconnaître la douleur du moment présent.

Celles qui aident vraiment valident l'épreuve avant de pointer vers une sortie possible.

D'où vient le mot « résilience » ?

Avant d'être un mot de psychologie, la résilience est un terme de physique. Il désigne la capacité d'un matériau à résister à un choc et à reprendre sa forme.

Dans les années 1950, la psychologue américaine Emmy Werner commence à suivre près de 700 enfants nés sur l'île de Kauai, à Hawaï, pendant plusieurs décennies. Elle est considérée comme la pionnière de la recherche sur la résilience.

Parmi ceux qui avaient grandi dans des conditions très difficiles (pauvreté, violence, parents malades), environ un tiers sont devenus des adultes équilibrés. Ce constat a changé le regard sur l'épreuve : elle ne condamne pas d'avance.

En France, c'est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui a fait connaître le mot au grand public, notamment avec son livre Un merveilleux malheur (1999). Lui-même enfant caché pendant la guerre, il a vécu ce qu'il décrit.

12 phrases à garder près de soi quand tout semble trop lourd

Pour nommer ce qu'on ressent sans se juger

Avant de "rebondir", encore faut-il pouvoir mettre des mots sur ce qu'on vit. Ces phrases aident à traverser la phase où l'on ne sait même pas encore comment on se sent.

  • "Je n'ai pas besoin de savoir comment je vais m'en sortir pour commencer à avancer."
  • "Ce que je traverse est difficile. C'est réel, et ce n'est pas une faiblesse de le reconnaître."
  • "Je n'ai pas à tout comprendre maintenant. Il suffit de tenir aujourd'hui."
La résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents.
Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik ne dit pas qu'on peut arrêter le torrent, mais qu'on peut apprendre, peu à peu, à ne pas se laisser emporter.

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Pour les jours où l'on se reproche de ne pas "aller mieux" assez vite

La pression sociale de la guérison rapide est réelle. On s'attend à ce qu'on soit "remis" en quelques semaines. Ces phrases rappellent que chaque rythme est légitime.

  • "Me relever prend le temps que ça prend. Ce n'est pas un concours."
  • "Certains jours, tenir debout, c'est déjà une victoire."
  • "Je ne suis pas en retard sur ma propre reconstruction."
Victor Hugo a placé ce vers dans Les Châtiments, le recueil qu'il publie en exil en 1853. Pour lui, lutter ne veut pas dire gagner, mais refuser de baisser les bras.
Ceux qui vivent sont ceux qui luttent.
Victor Hugo

Pour retrouver un premier élan quand on ne sait pas par où commencer

La résilience ne naît pas d'un grand sursaut. Elle commence souvent par un geste minuscule, une décision modeste. Ces phrases aident à faire ce premier pas sans penser que ça doit être héroïque.

  • "Je ne reprends pas tout depuis le début. Je reprends depuis là où je suis."
  • "Ce que j'ai traversé m'a appris des choses sur moi que je n'aurais jamais découvertes autrement."
  • "Je peux choisir de faire une seule petite chose aujourd'hui. Juste une."
Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible.
Albert Camus

Camus écrit cette phrase en revenant à Tipasa, en Algérie, après des années sombres. Il y découvre que la force qu'on croyait perdue était toujours là, en lui.

Pour les moments où l'on doute de sa propre capacité à s'en sortir

Le doute est une partie normale du processus. Ces phrases ne promettent pas que tout ira bien, elles rappellent simplement que la capacité à surmonter existe déjà, même quand on ne la sent pas.

  • "J'ai déjà traversé des choses difficiles avant. Je ne le savais pas non plus à l'époque."
  • "Je n'ai pas besoin d'être fort tout le temps pour finir par m'en sortir."
  • "Ce n'est pas parce que je ne vois pas la sortie qu'elle n'existe pas."

On ne se relève jamais tout seul

C'est sans doute la leçon la plus forte des recherches sur la résilience. Chez les enfants de Kauai qui s'en étaient sortis, Emmy Werner a retrouvé presque toujours le même point commun : au moins une personne stable et bienveillante sur leur chemin.

Un grand-parent, un enseignant, un voisin. Boris Cyrulnik parle de « tuteurs de résilience » : des personnes, parfois croisées brièvement, qui offrent un appui au moment où l'on en a besoin.

Si c'est un proche qui traverse l'épreuve, quelques formulations aident plus que « courage » :

« Je ne sais pas quoi dire, mais je suis là. »
« Tu n'as pas besoin d'aller bien avec moi. »
« Est-ce que tu préfères en parler, ou qu'on fasse autre chose ensemble ? »

Elles ont un point commun : elles ne cherchent pas à réparer. Elles proposent une présence.

Se relever, ce n'est pas faire comme si rien ne s'était passé

Il y a une distinction importante à faire entre la résilience et le déni. Se relever ne signifie pas faire semblant que rien ne s'est passé, ni prétendre qu'on est "au-dessus de ça".

Le psychologue Boris Cyrulnik insiste sur le fait que la résilience n'efface pas la blessure : elle permet de vivre avec elle autrement.

C'est pourquoi les phrases les plus utiles ne sont pas celles qui minimisent l'épreuve, mais celles qui l'intègrent dans un récit où la personne reste actrice de son propre chemin. Attention aussi à ne pas les utiliser pour convaincre quelqu'un d'autre d'aller mieux plus vite : elles sont d'abord faites pour soi, et pour soi seulement.


Pourquoi les mots qu'on se dit comptent vraiment

Aucune phrase ne répare une épreuve à elle seule. Mais les mots qu'on se dit, jour après jour, façonnent la façon dont on se perçoit dans la difficulté.
Passer de "je n'y arriverai jamais" à "je n'ai pas besoin de tout comprendre maintenant" semble anodin. Ça ne l'est pas. C'est souvent de là que repart quelque chose, doucement mais réellement.

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Emmy WernerRésilience psychologiqueBoris Cyrulnik
Emilie Deffains

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)

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