Ils vont finir par s'en rendre compte : 15 phrases qui trahissent le syndrome de l'imposteur

D'où vient ce sentiment de ne jamais être à sa place
Le terme a été créé en 1978 par les psychologues américaines Pauline Clance et Suzanne Imes, sous l'expression « impostor phenomenon », « syndrome de l'imposteur » en français.En étudiant un groupe de femmes très diplômées et reconnues dans leur domaine, elles ont observé un point commun frappant : malgré des preuves objectives de compétence, ces femmes restaient convaincues d'avoir trompé leur monde et vivaient dans la peur d'être un jour démasquées. (Le syndrome de l'imposteur chez les femmes à haut potentiel : dynamique et intervention thérapeutique.)
Depuis, la recherche a analysé en profondeur ce sentiment d'illégitimité malgré des réussites objective et a montré que ce phénomène ne se limite ni aux femmes ni à un milieu professionnel précis.
Une synthèse de plusieurs dizaines d'études, publiée en 2011 par les chercheurs Jaruwan Sakulku et James Alexander (Le phénomène de l'imposteur), estime que jusqu'à 70 % des gens en feraient l'expérience à un moment de leur vie, souvent lors d'un changement : nouveau poste, nouvelle responsabilité, nouveau milieu social.
Un point important à connaître : il ne s'agit pas d'un trouble psychiatrique reconnu ni d'un diagnostic officiel, mais d'un phénomène psychologique bien documenté, qui touche autant les débutants que des personnes très expérimentées et même les personnes célèbres :
J'ai encore un peu de syndrome de l'imposteur. Ça ne disparaît jamais, ce sentiment qu'on ne devrait pas nous prendre autant au sérieux.
Michelle Obama
J'ai écrit onze livres, mais à chaque fois je me dis : Oh non, ils vont s'en apercevoir maintenant. J'ai bluffé tout le monde, et ils vont me démasquer.
Maya Angelou
Les phrases qui trahissent ce sentiment d'imposture
« J'ai juste eu de la chance sur ce coup-là. »
« N'importe qui aurait pu faire aussi bien à ma place. »
« Si je réussis, c'est que la barre n'était pas assez haute. »
« Je ne peux pas me tromper, sinon on va découvrir que je ne suis pas si compétent(e). »
« Je devrais déjà tout savoir faire, sans avoir à demander. »
« Un jour, quelqu'un va se rendre compte que je bluffe. »
Cinq profils, cinq manières différentes de douter de soi
La chercheuse américaine Valerie Young, autrice de référence sur le sujet, a identifié cinq profils types du syndrome de l'imposteur. Se reconnaître dans l'un d'eux aide souvent à sortir de la pensée automatique, en la remplaçant par une phrase plus juste.Pour chaque profil, il existe des phrases pour aider à se libérer de ce phénomène psychologique :
- le perfectionniste, pour qui la moindre imperfection ressemble à un échec.
« Mes erreurs font partie du travail, pas la preuve de mon incompétence. »
- le génie inné, qui pense que la vraie compétence doit venir sans effort.
« Le temps que je mets à progresser n'enlève rien à ce que je sais déjà. »
- le solitaire, qui associe demander de l'aide à un aveu de faiblesse.
« Personne ne réussit durablement tout seul. »
- le superhéros, qui pense devoir exceller sur tous les fronts à la fois.
« Me reposer ne remet pas en cause tout ce que j'ai construit. »
- l'expert, qui craint d'être exposé tant qu'il ne sait pas absolument tout.
La nuance à connaître
Ce sentiment n'est pas nécessairement le signe d'un problème à corriger à tout prix. Une certaine dose de doute pousse à vérifier son travail, à rester curieux, et à ne pas s'installer dans la suffisance.Une étude menée par la chercheuse Basima Tewfik, publiée en 2022, va même plus loin.
En observant des employés du secteur financier puis des médecins, elle montre que les personnes qui ressentent ce syndrome de l'imposteur au travail sont perçues commeplus efficaces dans leurs relations avec les autres : les médecins concernés étaient jugés par leurs propres patients plus empathiques et plus à l'écoute.
Ce doute pousse à se tourner davantage vers l'autre, à mieux observer ses réactions, et à moins se reposer sur ses acquis.
Ce qui pose problème, ce n'est pas le doute ponctuel, mais lorsqu'il devient permanent, au point d'empêcher de reconnaître ses propres compétences, de pousser à refuser des opportunités pourtant méritées par peur d'être « démasqué », ou d'épuiser à force de devoir constamment se prouver quelque chose.
Tewfik précise elle-même que le risque augmente dans les environnements de travail isolés, où les interactions positives avec les autres, celles qui viennent justement compenser le doute, se font plus rares.
Ce que ce sentiment d'imposture ne dit pas de vous
Le syndrome de l'imposteur ne mesure jamais la compétence réelle d'une personne : il mesure seulement la difficulté à se l'accorder à soi-même. Il touche en priorité des personnes exigeantes et consciencieuses, qui prennent leur travail au sérieux.Rarement celles qui avancent sans jamais se poser de questions. Alors la prochaine fois que la petite voix murmure « ils vont s'en rendre compte », une question mérite d'être posée : se rendre compte de quoi, au juste ? Du travail fourni pour en arriver là ? De cette exigence permanente qui pousse à mieux faire ?
Ce que les autres verraient, en réalité, n'a jamais été une imposture. Simplement quelqu'un qui a réussi à force de sérieux, et qui n'a pas encore appris à se le dire.

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)




