Savoir qu'on ne sait pas : la clé de la sagesse selon ce proverbe chinois

La connaissance de soi a fasciné les philosophes de toutes les époques et de toutes les cultures. Mais ce qui distingue un esprit réellement éclairé d'un esprit simplement bavard, c'est souvent une qualité discrète : l'humilité intellectuelle.
Savoir ce qu'on ignore, c'est déjà un grand pas. Ne pas le savoir du tout, en revanche, c'est une forme d'aveuglement que même la meilleure pédagogie peine à corriger.
Un proverbe, quatre portraits bien reconnaissables
Il y a quelque chose de presque clinique dans ce proverbe chinois. Il ne juge pas, il classe. Et cette classification en quatre profils est d'une justesse qui traverse les années sans prendre une ride.
Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le. Celui qui sait qu'il sait, écoute le. Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le. Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le.
Proverbe chinois
- Le premier profil, celui qui sait qu'il ne sait pas, est l'élève idéal : conscient de ses lacunes, il est prêt à apprendre.
- Le deuxième, celui qui sait qu'il sait, mérite qu'on l'écoute, tout simplement.
- Le troisième, celui qui ne sait pas qu'il sait, est une pépite cachée : il a des ressources intérieures qu'il n'a pas encore identifiées, un simple déclic peut tout changer.
- Le quatrième... le proverbe est sans appel.
Ce quatrième profil, celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, est le plus délicat, parce qu'il est imperméable à la remise en question. On en croise partout, du bureau à la table familiale du dimanche.
D'après cet article : L’humilité intellectuelle : une vertu essentielle pour naviguer dans le monde de demain, la science lui donne raison.
Les chercheurs appellent ça le biais de supériorité illusoire, (popularisé sous le nom d'effet Dunning-Kruger): on a tous tendance à surestimer nos compétences, surtout dans les domaines où on en a le moins.
Une étude sur le Covid-19 le montre bien : près de 80% des gens interrogés pensaient en savoir plus que la moyenne sur la maladie. Résultat, cette fausse assurance a nourri chez certains la défiance envers les vaccins.
Le plus frappant, c'est que ce biais s'auto-entretient. Des chercheurs en sciences politiques ont montré que les personnes les moins capables de distinguer une vraie information d'une fausse sont aussi celles qui en ont le moins conscience, et donc les plus susceptibles de partager des fake news autour d'elles. Simplement parce qu'elles ne se doutent pas qu'elles se trompent.
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Une sagesse partagée d'Est en Ouest
Ce que ce proverbe exprime avec efficacité, d'autres grands penseurs l'ont formulé à leur façon, à des siècles et des continents de distance. Preuve que cette idée n'appartient à aucune culture en particulier : elle touche à quelque chose de fondamentalement humain.
Confucius, lui aussi, plaçait la lucidité sur ses propres limites au coeur de tout apprentissage véritable :
La vraie connaissance est de connaître l'étendue de son ignorance.
Confucius
De son côté, Socrate a bâti toute une méthode philosophique sur ce constat fondateur. La célèbre formule qui lui est attribuée n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une posture intellectuelle exigeante :
Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien.
Socrate
Et Lao-Tseu, avec la sobriété qui lui est propre, retourne le problème : ce ne sont pas forcément les plus bavards qui détiennent la véritable connaissance.
Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas.
Lao-Tseu
Trois voix, trois époques, une même conclusion : plus on avance dans la connaissance, plus on prend conscience de ce qui nous échappe encore. C'est presque un paradoxe, mais c'est aussi ce qui distingue un esprit qui progresse d'un esprit qui stagne.
L'humilité intellectuelle, une compétence à cultiver
Dans un monde qui valorise l'assurance, la prise de parole permanente et l'expertise affichée, reconnaître ses angles morts est presque contre-culturel.
Pourtant, les recherches en psychologie cognitive montrent que les individus les plus compétents ont tendance à douter davantage d'eux-mêmes, quand les moins compétents surestiment souvent leurs capacités.
C'est l'effet Dunning-Kruger, mis en évidence en 1999 par les psychologues Justin Kruger et David Dunning, de l'université Cornell. Il donne une résonance très contemporaine à ces sagesses antiques.
Cette asymétrie donne une résonance très contemporaine à ces sagesses antiques : les plus compétents doutent, les moins compétents s'affichent, et l'humilité intellectuelle sert justement à corriger ce déséquilibre.
Le vrai luxe, c'est de pouvoir dire je ne sais pas
Prendre conscience de ce qu'on ignore n'est pas une fin en soi, c'est un début. C'est exactement ce que ce proverbe chinois cherche à transmettre : la sagesse ne consiste pas à tout savoir, mais à savoir où s'arrête ce qu'on sait.
Dans les faits, ça change des choses très concrètes. Un manager qui admet ne pas maîtriser un sujet donne plus facilement la parole à son équipe. Un parent qui dit "je ne sais pas, cherchons ensemble" apprend à son enfant que le doute n'est pas une faiblesse. Un ami qui reconnaît s'être trompé garde la confiance de ceux qui l'entourent, là où l'entêtement finit toujours par l'éroder.
La prochaine fois qu'une conversation tourne en rond avec quelqu'un qui refuse d'entendre autre chose que sa propre voix, vous saurez peut-être reconnaître le quatrième profil, et pourquoi il ne sert à rien d'insister.
Et quand le doute vous traversera face à un sujet que vous croyiez maîtriser, rappelez-vous : ce n'est pas un signe de faiblesse. C'est peut-être, au contraire, le signe que vous progressez.
Ces citations sur la connaissanceet l'humilité rappellent que la sagesse commence souvent par un doute bien placé.
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Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)




