12 phrases pour arrêter de se comparer aux autres (et ce que révèle la psychologie sur cette habitude)

Emilie Deffains | publié le | modifié le | 8 minutes de lecture
12 phrases pour arrêter de se comparer aux autres (et ce que révèle la psychologie sur cette habitude)
illustration Miriam Alonso
« Elle a déjà sa propre maison, moi j'en suis encore à la coloc. » « Il a été promu en deux ans, et moi ? » « Elle a l'air tellement épanouie sur ses photos… » La comparaison aux autres s'installe en silence, presque automatiquement, et elle laisse rarement quelque chose de positif derrière elle.
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12 phrases pour arrêter de se comparer aux autres (et ce que révèle la psychologie sur cette habitude)


Pourquoi on se compare aux autres ?

Se comparer est un mécanisme ancré dans notre biologie sociale : dès l'enfance, on évalue notre place dans le groupe en regardant les autres. Le problème, c'est que cet outil de survie tourne à plein régime dans un monde saturé d'images et de réussites affichées.

Le psychologue Leon Festinger a décrit ce mécanisme dès 1954 avec sa théorie de la comparaison sociale. Elle explique comment on évalue nos opinions et nos capacités en se comparant aux autres, surtout quand il n'existe pas de critère objectif. Il distingue trois types de comparaison :

  • la comparaison ascendante (avec une personne perçue comme meilleure), peut favoriser la motivation mais aussi susciter un sentiment d’infériorité ;
  • descendante (avec une personne perçue comme moins performante), peut renforcer l’estime de soi ;
  • latérale (avec une personne de niveau similaire), permet de se situer et de confirmer ses propres capacités.
Le piège, c'est qu'on se mesure presque toujours à quelqu'un qui semble « mieux » que soi. Résultat : un sentiment d'insuffisance permanent, même quand rien ne le justifie vraiment.

Et ce n'est pas une invention de notre époque. Il y a deux mille ans, Sénèque le constatait déjà. Pour lui, l'envie et la comparaison constante avec les autres condamnent au malheur.

Il ne sera jamais heureux celui que tourmente la vue d'un plus heureux que lui.
Sénèque

12 phrases à utiliser à la place de « Mais lui, il a déjà... » pour arrêter de se comparer

Ces phrases ne sont pas magiques. Ce sont des phrases à se dire au moment précis où la comparaison démarre, pour casser le réflexe avant qu'il ne prenne toute la place.

Quand on observe la réussite de quelqu'un d'autre

  • « Son chemin n'est pas le mien, et c'est exactement pour ça que la comparaison ne tient pas. »
  • « Je vois son résultat, pas les dix ans de coulisses qui vont avec. »
  • « Ce qu'il a accompli dit quelque chose sur lui. Ça ne dit rien sur moi. »
Si on ne voulait qu'être heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne sont.
Charles de Montesquieu

Quand les réseaux sociaux déclenchent une spirale

  • « Une photo, c'est un instant choisi. Je ne vis pas dans un instant choisi, je vis une vraie vie. »
  • « Je suis en train de comparer mon intérieur avec l'extérieur de quelqu'un d'autre. »
  • « Est-ce que je fais défiler par curiosité ou par envie de me sentir en retard ? »

Au travail ou dans la vie professionnelle

  • « On n'a pas les mêmes points de départ, les mêmes contraintes, les mêmes priorités. »
  • « Si je passe mon énergie à regarder où il en est, j'avance moins vite moi-même. »
  • « Ce poste lui correspond à lui. Ce qui me correspond, moi, c'est encore à construire. »
Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur ces choses.
Epictète

Autrement dit : la promotion d'un collègue ne nous enlève rien. C'est l'histoire qu'on se raconte à côté (« je suis nul », « je n'y arriverai jamais ») qui fait mal.

Quand la comparaison touche à la vie personnelle (couple, famille, mode de vie)

  • « Leur bonheur n'est pas un baromètre du mien. »
  • « Ce que je vois de leur vie de couple, c'est exactement ce qu'ils choisissent de montrer. »
  • « Est-ce que je veux vraiment ce qu'ils ont, ou est-ce que je veux juste ne pas avoir l'impression de rater quelque chose ? »

La nuance à connaître

Toutes les comparaisons ne sont pas destructrices. La psychologie distingue la comparaison envieuse, qui creuse un écart douloureux, de la comparaison inspirante, qui génère de l'énergie et ouvre des pistes concrètes.

La question à se poser n'est pas "est-ce que je me compare ?" mais "est-ce que cette comparaison me donne envie d'agir ou envie de disparaître ?". Si c'est la deuxième option, c'est le signal que le regard s'est retourné contre soi.

Rousseau avait mis le doigt dessus il y a près de trois siècles, dans Émile. Il distinguait deux choses : l'« amour de soi », qui cherche simplement notre bien-être et peut être satisfait, et l'« amour-propre », qui se mesure aux autres.

Ce dernier est insatisfait par nature, parce qu'il y aura toujours quelqu'un de « mieux » selon un critère donné : plus riche, plus mince, plus drôle, plus avancé.

L'amour-propre, qui se compare, n'est jamais content et ne saurait l'être.
Jean-Jacques Rousseau

En se mesurant sans cesse aux autres, on se condamne à l'insatisfaction perpétuelle, car on dépend du regard d'autrui pour exister.

La seule comparaison qui aide vraiment

Il existe une comparaison qui fait du bien : celle avec soi-même. Pas avec la personne qu'on « devrait » être, mais avec celle qu'on était il y a un an.

La prochaine fois que la comparaison démarre, prenez une minute pour noter trois choses que vous savez faire aujourd'hui et que vous ne saviez pas faire l'an dernier. Une compétence, une limite posée, une peur dépassée. On est souvent surpris par la liste.

C'est la phrase bonus, sans doute la plus utile des treize :

  • « Je me compare à qui j'étais hier, pas à quelqu'un d'autre aujourd'hui. »

Sortir de la comparaison automatique, ce que ça change vraiment

Çane veut pas dire devenir indifférent aux autres ou renoncer à l'ambition. Ça veut dire choisir son propre point de repère.

Quand on cesse de se demander « par rapport à qui je suis ? », on peut enfin se demander « par rapport à ce que je veux, où j'en suis ? ». C'est une question qui répond vraiment à quelque chose.

Et la prochaine fois qu'une amie annonce l'achat de sa maison pendant que vous êtes encore en coloc, vous aurez le droit de vous réjouir pour elle, sans rien retirer à votre propre chemin.

Pour aller plus loin : vous vous demandez si la comparaison prend trop de place dans votre vie ? Faites le test dans notre article « Arrêtez de vous comparer aux autres ».

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Théorie de la comparaison socialeLeon Festinger
Emilie Deffains

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)

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