Retour après un long arrêt maladie : ce que personne ne vous dit vraiment

- Le corps s'est habitué à autre chose pendant une longue absence
- De retour au travail, le regard des autres pèse plus qu'on ne le croit
- La culpabilité d'avoir été en arrêt maladie : ce sentiment dont on ne parle pas assez
- Retour au travail après un arrêt maladie, ce qui aide vraiment (et ce qui ne sert à rien)
- Et si le "quotidien d'avant" ne vous convient plus ?
Personne n'en parle vraiment, les médecins préparent la sortie d'arrêt, vos proches vous encouragent, les collègues vous attendent. Mais ce que ressent vraiment quelqu'un qui reprend sa vie après un long arrêt maladie, que ce soit après un burnout, une dépression, une opération lourde ou une maladie chronique, reste souvent sous silence.
Le corps s'est habitué à autre chose pendant une longue absence
Pendant l'arrêt, le corps et le cerveau ont appris un nouveau rythme. Se lever tard, ne rien "produire", vivre au ralenti, sont des nouvelles habitudes qui se sont mise en place petit à petit. Le problème, c'est que ce rythme-là s'installe profondément.Reprendre signifie donc rechanger ses habitudes et cela fatigue autant qu'en apprendre des nouvelles. Les premières semaines de retour, même s'il est partiel ou progressif, sont souvent épuisantes et peu de gens comprennent de l'extérieur.
"Mais tu n'as pas travaillé pendant six mois !" entend-on parfois.
Ce qu'on ne dit pas, c'est que traverser six mois de maladie n'a rien d'un congé.
La maladie n'excuse pas mais souvent elle explique beaucoup
Michel Largillière

De retour au travail, le regard des autres pèse plus qu'on ne le croit
- Il y a ceux qui ne savent pas quoi dire, alors ils ne disent rien.- Il y a ceux qui en disent trop : "Tu as l'air en forme !", comme si une bonne apparence signifiait qu'on était guéri.
- Il y a ceux, rares mais réels, qui ont pris vos habitudes, votre bureau, votre place dans les dynamiques du groupe.
- Et il y a ce sentiment étrange d'être un fantôme qui revient habiter un corps étranger dans un monde qui a continué sans lui.
Réel ou imaginé, ces regards pèsent. Ils réveillent des doutes que la maladie avait fait naître :
suis-je encore capable ? Est-ce qu'on me fait vraiment confiance ? Est-ce que j'ai ma place ici ?
Si vous vivez votre vie selon le regard des autres, vous ne vivrez jamais votre propre vie.
Franck Nicolas
La culpabilité d'avoir été en arrêt maladie : ce sentiment dont on ne parle pas assez
Beaucoup de personnes ressentent de la culpabilité quand ils reviennent d'un long arrêt maladie.Culpabilité d'avoir "abandonné" leurs collègues. D'avoir "profité" du système, même quand ils souffraient vraiment. D'avoir été "faible".
Cette culpabilité est injuste mais très courante. Elle ne dit rien sur votre valeur en tant que personne ou professionnel, elle dit surtout que vous avez intériorisé l'idée que s'arrêter est une faute. Et c'est faux !
D'après un grand philosophe stoïcien, il faut avoir des pensées suffisamment honnêtes et justes pour pouvoir les assumer ouvertement, sans avoir à les cacher ni en éprouver de honte :
Que toutes nos pensées soient telles que si on te demandait à tout instant ce que tu penses tu puisses toujours l'avouer sans honte.
Marc-Aurèle
Selon l'Observatoire des arrêts de travail du groupe APICIL (édition 2024), les pathologies psychologiques comme le burnout, la dépression, l'épuisement, représentent désormais plus de 40 % des arrêts longs de plus de 90 jours en France. Le retour après ces épisodes-là est souvent encore plus complexe, parce que les séquelles sont moins visibles, et donc moins comprises. Dans ce cas la culpabilité est encore plus forte.
Un collectif d'infirmières a publié cette vidéo : "Burn-out en finir avec la culpabilité". Le message, ici, est qu'il faut en finir avec cette culpabilité qui nous tire vers le bas et nous empêche d’avancer. Même si elle est humaine, elle n’a pas lieu d’être.
Retour au travail après un arrêt maladie, ce qui aide vraiment (et ce qui ne sert à rien)
Ce qui aide : la reprise progressive, quand elle est possible. Le mi-temps thérapeutique reste l'un des outils les plus efficaces, pas seulement médicalement, mais psychologiquement. Revenir doucement permet de retrouver ses repères sans se noyer dedans.Ce qui aide aussi : en parler. Pas à tout le monde, pas tout de suite, mais à au moins une personne de confiance dans l'entourage professionnel. Ça peut être un manager bienveillant, un collègue fiable, un référent RH formé. L'isolement après l'arrêt est l'un des premiers facteurs de rechute.
Ce qui ne sert à rien : les injonctions à "positiver", à "tourner la page", à "ne plus y penser". Le retour au quotidien après une longue maladie n'est pas une case à cocher. C'est un chemin qui a ses hauts, ses bas et ses détours. Il vaut mieux avancer difficilement dans la bonne direction que progresser avec assurance de la mauvaise façon :
Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme.
Augustin d'Hippone
Témoignage : Arrêt maladie de longue durée : pourquoi le retour au travail est-il si difficile ?
Et si le "quotidien d'avant" ne vous convient plus ?
C'est la question que beaucoup n'osent pas poser à voix haute. La maladie, surtout quand elle dure, change les priorités. Ce qui semblait important avant l'arrêt l'est parfois moins après. Certains reviennent à leur poste et réalisent que le problème n'était pas eux, mais l'environnement. D'autres découvrent pendant l'arrêt des besoins qu'ils ignoraient.Le retour au quotidien peut être l'occasion d'une vraie remise en question : est-ce que je veux reprendre exactement là où j'en étais ? Ou est-ce que cette interruption m'a appris quelque chose sur ce que je veux vraiment ?
Il n'y a pas de mauvaise réponse, mais ignorer la question coûte souvent plus cher que de la poser.
Reprendre sa vie après un long arrêt, ce n'est pas juste appuyer sur "play". C'est écrire un nouveau chapitre, avec la même personne, mais pas tout à fait la même histoire.
A lire : Ces phrases qui donnent le courage de commencer une nouvelle étape de sa vie

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)



