Ce que cache vraiment le besoin d'être toujours occupé

Être occupé est devenu un signe de réussite
Si vous demandez à quelqu'un comment il va, neuf fois sur dix, la réponse sera : "Je suis débordé". Et c'est même dit avec une pointe de fierté. Comme si être surchargé de chose à faire prouvait qu'on est utile, important ou indispensable.La productivité n'est plus le moyen d'atteindre un but, c'est devenu une valeur, une finalité. Finalement peu importe le résultat, il faut être occupé. Alors on remplit les agendas, on enchaîne les tâches, on optimise les week-ends. Le vide fait peur et le silence aussi.
Ce besoin d'agitation peut vouloir dire autre chose selon les psychologues. L'activité permanente peut servir d'anesthésiant : elle empêche de penser, de ressentir, d'être seul avec soi-même. C'est un mécanisme de défense très humain et très fréquent. On s'occupe pour ne pas affronter une question inconfortable : une relation qui va mal, un travail qui ne nous convient plus, un vide de sens qu'on préfère ne pas voir.
Agitation, illusion d'action.
Paul Carvel
Paul Carvel met en avant une confusion très courante : confondre le mouvement avec le progrès. On s'agite, on court, on remplit son agenda et on a l'impression d'avancer. Mais toute cette énergie est dépensée sans qu'il y ait une direction réelle.
L'illusion d'action signifie qu'on croit agir, mais en fait on tourne en rond. On est occupé sans être efficace. C'est un peu une critique de notre rapport moderne à la productivité et cette tendance à valoriser le fait d'être débordé, comme si l'agitation était la preuve qu'on accomplit quelque chose.
Les trois visages de l'hyperactivité quotidienne
Tout le monde n'est pas occupé pour les mêmes raisons. On peut distinguer au moins trois profils :- Le fuyant : il s'occupe pour éviter d'affronter quelque chose, une décision à prendre, un deuil non fait, une vie qui ne lui ressemble plus.
- Le validé : il s'occupe parce que c'est comme ça qu'il se sent exister aux yeux des autres. Arrêter de produire, c'est risquer de ne plus compter.
- Le conditionné : il s'occupe parce que c'est la norme autour de lui. Il ne sait pas vraiment ce que ça lui coûte, ni ce qu'il y gagne.
On peut se reconnaître dans plusieurs de ces profils, maintenant demandez-vous juste honnêtement pourquoi vous courez partout.
Sondage : Quand vous êtes constamment occupé, c'est plutôt parce que…
- "je fuis quelque chose sans vraiment le savoir"
- "j'ai réellement beaucoup à faire"
- "j'ai besoin que les autres me voient actif"
- "le silence m'angoisse"
Vos réponses :
Il y a 350 ans Blaise Pascal disait (et ça n'a pas pris une ride) :
Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre.
Blaise Pascal

Hyperactivité, un moyen de fuir ses problèmes
S'occuper en permanence, c'est aussi une façon de ne jamais s'arrêter pour ressentir. Les psychologues appellent ça l'évitement émotionnel ou encore la stratégie d'évitement.Plutôt que d'affronter une pensée inconfortable, une peur ou un vide intérieur, on remplit ses journées avec des tâches, des notifications, des obligations.
Le problème, c'est que ça fonctionne qu'à court terme.
L'agitation calme l'anxiété l'espace d'un instant. Mais comme tout évitement, elle ne fait que repousser ce qu'on refuse de regarder en face. Et plus on fuit, plus ce qu'on fuit grossit. La stratégie d’évitement : pourquoi un soulagement immédiat entraîne davantage d’anxiété par la suite
La vraie question à se poser : "qu'est-ce que je cherche à ne pas entendre quand je m'agite ?"
Le courage de ne rien faire
Pas question de tout arrêter du jour au lendemain. Mais de s'accorder des moments sans agenda, sans but, sans écran et d'observer ce qui remonte.Ce sentiment de vide inconfortable au début est important. C'est là que se trouvent les vraies réponses : ce qu'on veut vraiment, ce dont on a besoin, ce qu'on fuit depuis des années.
Être moins occupé, ce n'est pas être moins ambitieux. C'est choisir ce qui vaut la peine de s'agiter !
Oser, c'est perdre pied momentanément. Ne pas oser, c'est se perdre soi-même.
Sören Kierkegaard
Peut-être que la vraie difficulté, ce n'est pas de trouver du temps. C'est d'oser ne rien en faire.
Il vaut mieux ne rien faire que faire pour rien.
Rolland Walter

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)



