Non, l’intelligence ne se mesure pas (et le QI n’explique pas tout)

Non, l'intelligence n’entre pas toujours dans une case
Ce matin, je suis tombé sur cette phrase pleine de bon sens de Dupontel :On peut stimuler l'intelligence sans la compétition. Beaucoup de gens sortent de l'école, les meilleurs vont dans des écoles élitistes, puis dans des banques ou à l'Élysée, voire les deux. Mais ce qu'on appelle la brillance intellectuelle n'est pas forcément de l'intelligence. Le plus dur, c'est de se connaître soi-même. Les enfants sont des petits génies qui apprennent à marcher et à parler tout seuls, et on en fait des bêtes à concours dans les écoles. On est conditionnés pour ne pas être intelligents !
Albert Dupontel
C'est vrai : on parle beaucoup d’intelligence comme une chose mesurable. Trop. On la mesure, on la compare, on la classe. QI, tests, concours, grandes écoles : tout semble fait pour dire qui est « intelligent » et qui ne l’est pas.
Comme si l’intelligence était un objet stable, mesurable, universel. Et pourtant, quelque chose sonne faux. Et vous n'en avez pas marre de tous ces tests en ligne qui font croire qu'on est tous HPI ?
L’école valorise la compétition, la performance, la vitesse de réponse.
On y transforme des enfants capables d’apprendre seuls à marcher et à parler en candidats à des classements.
En réalité, on confond souvent intelligence et conformité au système : savoir répondre juste, au bon moment, dans le bon format. Mais être brillant dans un cadre donné n’est pas forcément être intelligent au sens large. C’est parfois simplement être bien entraîné.
Cette obsession du classement finit par appauvrir la notion même d’intelligence.
Pour citer un autre "philosophe" de notre temps, j'ai nommé Johnny :
On parle toujours de l'intelligence, mais chaque individu a une intelligence différente. Obligatoirement, vous avez votre propre intelligence, l'intelligence de quelqu'un d'autre ne sera pas à votre portée. Donc, c'est pour ça qu'on ne peut pas vraiment dire que 'Untel est con' ou 'Untel est intelligent'. Chaque personne, même un con, a une intelligence à lui. Quand je dis un con, je veux bien sûr dire quelqu'un qui est considéré comme un con.
Johnny Hallyday
Dire de quelqu’un qu’il est « intelligent » ou « con » est souvent un raccourci paresseux.
On juge à partir de critères qui nous sont familiers : le langage, la culture, la logique, la réussite sociale. Mais ces critères ne couvrent qu’une partie infime des formes d’intelligence possibles.
Comprendre les autres, sentir une situation, créer, réparer, écouter, survivre, transmettre… tout cela demande de l’intelligence, même si aucun test ne le mesure.
L'intelligence ne se résume pas au QI
Un point de vue proche de cette critique des tests de QI se trouve dans un article publié par Pop’Sciences autour des travaux de la psychologue Fanny Nusbaum.Là encore, l’idée est de sortir de l’obsession du score pour se demander à quoi sert vraiment de mesurer l’intelligence.
Selon cet article, l’intelligence ne se résume pas à un chiffre mais se manifeste dans la manière dont une personne s’adapte, crée du sens et trouve sa place dans la vie. Et cela peut être très différent d’une réussite académique ou d’un haut score à un test standardisé.
L’article souligne que les tests de QI, tels qu’ils ont été historiquement conçus, ne mesurent pas l’intelligence elle-même mais situent une personne par rapport à une norme sociale et scolaire donnée.
A partir de là, on a parfois tendance à faire du quotient intellectuel une explication universelle de la réussite ou de l’échec plutôt que ce qu’il est réellement : un outil construit pour des objectifs très spécifiques.
Ainsi, comme le dit Jacques Grégoire, Docteur en psychologie :
A 4 ans, vous n’avez pas les mêmes performances qu’à 12. Si votre score est resté stable bien que vos performances ne soient pas les mêmes, c’est parce que le QI ne mesure pas votre intelligence comme il mesurerait votre taille : il vous situe par rapport aux autres.
Et si on arrêtait de parler d'intelligence ?
A une époque où ce mot est si souvent prononcé, notamment pour parler "d'intelligence artificielle" (comment une chose aussi naturelle peut devenir programmable ? Comme si une machine pouvait avoir de l'esprit...), il est temps de trouver d'autres mots pour parler de ce qu'on entend par intelligence.Et si on parlait plutôt d'esprit ? Car comme le dit si bien Gide :
Je remarque cette différence entre l'intelligence et l'esprit : que l'intelligence est, par sa nature, égoïste, tandis que l'esprit suppose l'intelligence de celui à qui il s'adresse. Il faut de l'esprit pour bien parler, de l'intelligence suffit pour bien écouter.
André Gide
Et si la forme d’intelligence la plus difficile, finalement, était celle qui consiste à ne plus se comparer, mais à apprendre à se connaître ? Voilà une pensée qui ne fait pas vraiment preuve d'esprit, n'est-ce pas ?...

Je suis un passionné de culture, de littérature, de cinéma, d'art, d'environnement, de jeux de société,... oui, tout ça. J'adore m'étaler des heures sur ces sujets. J'écris moi-même un peu, de la poésie, et je peins à mes heures perdues. Je suis consultant web et rédacteur indépendant depuis plus de 20 ans, et j'ai la chance d'être en partenariat avec Ouest France pour éditer ce site que j'espère joli, moderne... (lire la suite...)




