La France vue par De Gaulle : 7 citations pour comprendre sa vision, à l'heure de La Bataille de Gaulle

Emilie Deffains | publié le | 7 min de lecture
La France vue par De Gaulle : 7 citations pour comprendre sa vision, à l'heure de La Bataille de Gaulle
illustration Adrian Limani sur pexels.com
Depuis début juin, Charles de Gaulle est de retour sur grand écran. La Bataille de Gaulle, le diptyque réalisé par Antonin Baudry, retrace en deux films, les jours qui ont fait basculer son destin et celui de la France, en juin 1940. Ces 2 films sont : L'Âge de fer puis J'écris ton nom.
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L'occasion de relire les mots du général de Gaulle, pas pour raconter sa vie une fois de plus, mais pour comprendre une idée qui revient sans cesse dans ses écrits et ses discours : sa vision de la France.

D'où vient-elle ? Comment a-t-elle évolué entre 1940 et la fin de sa vie ? Voici cinq citations, replacées dans leur contexte, qui permettent d'y voir plus clair.

La France vue par De Gaulle : 7 citations pour comprendre sa vision, à l'heure de La Bataille de Gaulle


Une certaine idée de la France, dès les premières lignes des mémoires de de Gaulle

Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France.
Charles de Gaulle

Ce sont les tout premiers mots des Mémoires de guerre, publiés en 1954. De Gaulle l'écrit alors qu'il vient de quitter le pouvoir, en pleine traversée du désert, retiré à Colombey-les-Deux-Églises.

Il y explique que cette « certaine idée » tient autant du sentiment que de la raison. Pour lui, la France est presque un personnage, vouée à un destin hors du commun, et toute médiocrité dans son histoire lui apparaît comme une anomalie imputable aux Français eux-mêmes, jamais au pays. Une phrase d'ouverture qui sert de clé de lecture à toute son œuvre.

Le refus de la défaite, Charles de Gaulle s'exprime en juin 1940

La France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle

Cette phrase est extraite de l'Appel du 18 juin 1940, prononcé à la BBC alors que la France vient de s'effondrer militairement et que le maréchal Pétain a annoncé, la veille, qu'il fallait cesser le combat.

De Gaulle refuse : pour lui, la défaite militaire n'est pas la fin de l'histoire, et la guerre mondiale continue. C'est précisément ce moment de bascule, où un homme inconnu du grand public choisit de dire " non " à tout le monde, que met en scène le premier volet du film.

La grandeur française au service de la liberté du monde pour le général

Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde.
Charles de Gaulle

Moins citée que l'Appel du 18 juin, cette phrase date d'un discours prononcé à Londres le 1er mars 1941, devant les Français de Grande-Bretagne. Elle éclaire un aspect souvent oublié de la pensée gaullienne : pour lui, la France n'a jamais été un pays comme les autres parmi les nations européennes.

Sa grandeur n'est pas un simple motif de fierté nationale, elle est présentée comme indissociable de la liberté du monde entier. Une idée qui prendra tout son sens avec la Libération, puis avec le titre du second film, "J'écris ton nom", en écho au poème d'Éluard sur la liberté.

Patriotisme et nationalisme : une distinction que de Gaulle tenait à poser

Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres.
Charles de Gaulle

Cette phrase, extraite des Lettres, notes et carnets publiées en 1951, change de registre : elle n'a rien d'un discours officiel, c'est une réflexion plus personnelle. Elle permet de nuancer son image parfois caricaturale. Sa relation à la France est un attachement qu'il distingue très clairement de la haine de l'étranger.

Pour Charles de Gaulle, l'exigence est une réponse à l'épreuve

Les exigences d'un grand peuple sont à l'échelle de ses malheurs.
Charles de Gaulle

Cette phrase est tirée du deuxième tome des Mémoires de guerre, période 1942-1944. De Gaulle y développe une idée qui traverse toute son action politique : plus un peuple a traversé d'épreuves, plus il est légitime à exiger beaucoup de lui-même et de ses dirigeants.

Une formule dense, qui résume sa méthode : transformer l'adversité en exigence, plutôt qu'en résignation.

Une analyse stratégique de de Gaulle derrière l'Appel du 18 juin

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Charles de Gaulle

Cette phrase appartient elle aussi à l'Appel du 18 juin 1940. De Gaulle s'y adresse directement aux Français pour leur dire que les mêmes moyens qui viennent de causer la défaite (la mécanisation, l'aviation, l'industrie) peuvent, un jour, apporter la victoire.

Ce n'est pas un cri d'espoir non réfléchi : c'est une analyse militaire et stratégique, formulée en quelques phrases, par un homme qui sait de quoi il parle, il a lui-même théorisé l'usage des chars avant-guerre. La conviction n'y est jamais déconnectée du raisonnement.

La hantise de la dispersion nationale

La France n'est réellement elle-même qu'au premier rang ; seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même.
Charles de Gaulle

Issue des Mémoires de guerre (tome III, Le Salut, 1944-1946), cette phrase est sans doute la plus exigeante sur la France. De Gaulle y pose une idée presque dérangeante : laissée à elle-même, sans grande ambition collective, la France aurait tendance à se disperser, à se diviser.

Seuls de grands projets, qu'il s'agisse de la Résistance, de la reconstruction ou plus tard des grandes réalisations industrielles et technologiques, permettraient, selon lui, de tenir le pays uni. Une vision exigeante, parfois critiquée comme trop centralisatrice, mais qui éclaire toute sa pratique du pouvoir.

Une vision qui a évolué, mais une ligne constante

De l'homme seul de 1940 au président des années 1960, la façon dont De Gaulle parle de la France change de ton : plus combative au moment de l'Appel, plus institutionnelle après-guerre.

Mais une constante est toujours là : pour lui, la France n'existe vraiment que lorsqu'elle vise haut. C'est cette tension entre lucidité sur les faiblesses du pays et exigence absolue à son égard que le film La Bataille de Gaulle met en images, soixante-quinze ans après les faits.

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La Bataille de Gaulle
Emilie Deffains

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)

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