Certaines personnes ne pardonnent jamais, pourquoi c'est parfois si difficile ?

- La rancune empêche-t-elle de pardonner ?
- Les raisons pour lesquelles certaines personnes ne pardonnent jamais
- 1. La blessure est encore "active" et empêche le pardon
- 2. Le pardon perçu comme une faiblesse
- 3. L'identité construite autour de la blessure ne permet pas de pardonner
- 4. Pardonner : la peur de se retrouver sans défense
- 5. Certains ne pardonnent pas et c'est parfois la bonne décision
- Qui sont ces personnes qui ne pardonnent pas ?
Le pardon est l'un des actes les plus difficile pour l'humain. Contrairement à ce qu'on croit souvent, ne pas pardonner n'est pas forcément de la rancune ou de la méchanceté. C'est parfois une façon de survivre.
La rancune empêche-t-elle de pardonner ?
La rancune est un sentiment durable de ressentiment, d’amertume ou de colère envers quelqu’un, généralement après une blessure émotionnelle, une injustice ou une humiliation.Contrairement à une simple colère passagère, la rancune :
- s’installe dans le temps,
- se nourrit de souvenirs de l’événement,
- peut conduire à une envie de revanche ou à une difficulté à pardonner.
C’est une colère qui ne passe pas.
Par exemple, si quelqu’un vous a trahi et que, des mois ou des années plus tard, vous ressentez encore de l’amertume en y repensant, il s’agit probablement de rancune.
Le pardon est plutôt un processus en plusieurs étapes : une décision (progressive) de lâcher cette charge émotionnelle. Comment pardonner en 8 étapes pour une vie plus épanouie.
La rancune nous maintien dans un état de colère car on rumine ce qui s’est passé (“il/elle n’aurait pas dû…”), on garde une mémoire émotionnelle vive, on peut ressentir un besoin de justice ou de réparation. Tant que ces éléments restent présents et actifs, pardonner peut donner l’impression de minimiser la blessure ou "laisser passer" quelque chose d’injuste.
C’est pour ça que beaucoup de personnes disent : "je ne peux pas pardonner", alors qu’en réalité, elles sont encore motivées par la rancune.
Ne pas pardonner n’est pas forcément négatif dans l’absolu :
- cela peut être une façon de se protéger (ex : après une trahison grave),
- ou de reconnaître qu’une limite a été franchie.
Des auteurs comme Gérard Apfeldorfer expliquent que ces émotions (ressentiment, colère) deviennent problématiques quand elles se figent et s’auto-entretiennent. Il a écrit : Pourquoi tant de haine : Psychologie du ressentiment, de la colère et de la violence.
Le pardon, ici, n’est pas : d'oublier ou d'excuser ce qui s'est passé mais plutôt de se libérer de l’emprise émotionnelle de l’événement.
A lire aussi : Ce que la haine fait à votre mental et à votre corps (et comment reprendre le contrôle)
Les raisons pour lesquelles certaines personnes ne pardonnent jamais
1. La blessure est encore "active" et empêche le pardon
Pour certaines personnes, la douleur d'une trahison ne diminue pas avec le temps. Elle reste aussi vive des années plus tard. L'événement douloureux n'a pas été "digéré" émotionnellement.Le pardon, dans ce cas, est impossible, pas parce que la personne refuse, mais parce qu'elle est encore en train de souffrir.
Pardonner, c'est renoncer à son droit à la vengeance.
Desmond Tutu
2. Le pardon perçu comme une faiblesse
Dans certains environnements familiaux ou culturels, pardonner est associé à la naïveté ou à la capitulation."Si je pardonne, je montre que je suis faible." "Si je pardonne, ça veut dire que c'était acceptable." Ces croyances, souvent héritées de l'enfance, empêchent d'avancer.
Ce profil est fréquent chez les personnes qui ont grandi dans des contextes où montrer ses émotions était perçu comme dangereux. Garder la rancœur devient une armure. Alors qu'un grand sage considérait que :
Le faible n'arrive pas à pardonner. Le pardon est l'apanage du fort.
Gandhi
3. L'identité construite autour de la blessure ne permet pas de pardonner
C'est l'un des comportements les plus difficiles à apaiser Après une longue période de souffrance, certaines personnes finissent par s'identifier à leur blessure. "Ce qu'on m'a fait" devient une partie importante de leur histoire et pardonner reviendrait à effacer une partie d'elles-mêmes.Ce n'est pas se plaire dans la douleur c'est un besoin de cohérence identitaire. La blessure est devenue une sorte d'excuse, qui donne du sens à certaines décisions, certaines ruptures, certain isolement.
À retenir :
- Ne pas pardonner protège parfois d'une nouvelle blessure
- La rancœur prolongée coûte psychologiquement cher
- Le pardon ne nécessite pas de réconciliation
- Il est possible de pardonner sans oublier
4. Pardonner : la peur de se retrouver sans défense
Paradoxalement, ne pas pardonner peut aussi être une forme de protection. Tant que la colère est présente, la personne reste "en alerte". Elle ne peut plus être surprise de la même façon. Pardonner, c'est baisser la garde et pour quelqu'un qui a été profondément trahi, c'est terrifiant.Cette logique est particulièrement présente chez les personnes ayant vécu des trahisons répétées, ou ayant un attachement anxieux.
Le pardon n'est pas une faiblesse, mais une attitude synonyme d'un nouveau départ.
William Sinclair M

5. Certains ne pardonnent pas et c'est parfois la bonne décision
Il faut le dire clairement : dans certains cas, ne pas pardonner est une réponse saine. Face à des comportements abusifs, répétés, non reconnus, la "non-réconciliation" peut être une forme de respect de soi. La question n'est pas "dois-je pardonner ?" mais "ce pardon me libère-t-il ou m'affaiblit-il ?"Le pardon n'a sa juste valeur que lorsqu'on reconnait l'erreur... Mille raisons sont donc de ne pas pardonner, d'en avoir qu'une seule qui le mériterait.
DESCREA
Cette citation nous explique qu'on ne devrait pardonner que quand la faute est reconnue, sinon, ne pas pardonner est compréhensible.
Cette vision plutôt “morale et relationnelle” du pardon n’est pas universelle, en psychologie moderne, certains (comme Gérard Apfeldorfer) considèrent que :
le pardon peut aussi être un acte pour soi, même sans excuses, pour se libérer de la rancune. C'est une vision plus intérieure et thérapeutique.
Les thérapeutes distinguent d'ailleurs deux choses que l'on confond souvent : le pardon intérieur (se libérer de la colère pour soi-même) et la réconciliation (renouer le lien avec l'autre). On peut très bien faire l'un sans l'autre.
Qui sont ces personnes qui ne pardonnent pas ?
Pas forcément ce qu'on imagine. Le refus de pardonner ne fait pas quelqu'un de mauvais. On trouve le plus souvent quelqu'un de blessé, qui a appris à se défendre d'une certaine façon et dont la confiance a été abîmée trop profondément.Cela dit, quand le refus de pardonner devient systématique, quelle que soit la gravité de la blesssure, il peut signaler une rigidité émotionnelle, une difficulté à tolérer la vulnérabilité, ou une tendance au tout-ou-rien dans les relations.
Posez-vous la question: est-ce que je garde cette rancœur parce qu'elle me protège, ou parce qu'elle me définit ?
Le pardon n'est pas une obligation morale. C'est parfois long et impossible sans aide extérieure. Ce qui compte, c'est de ne pas confondre "ne pas pardonner" avec "ne pas guérir".

Curieuse et dynamique, après 20 années dans le secteur du commerce, une reconversion professionnelle et une formation, je participe aujourd'hui à l'animation de ce site. J'aime le sport et partager ces moments avec mes enfants dans leurs activités sportives. J'apprécie cuisiner et je suis plutôt pour le fait maison . Je lis occasionnellement et je découvre actuellement le plaisir de jouer aux jeux de sociétés! Pour moi, chaque changement est... (lire la suite...)




