Coopérer ou périr : le choix brutal face au climat selon Guterres

À la tribune de la Conférence des Nations Unies sur le climat, en novembre 2022 à Charm El-Cheikh, le Secrétaire général de l'ONU n'a pas cherché à adoucir le message. António Guterres a formulé l'un des avertissements les plus directs jamais lancés sur la scène internationale : face à la crise climatique, les nations n'ont plus le luxe de tergiverser. Deux options, pas davantage.
Je sais qu'on a tous envie de penser aux vacances, à la farniente, et surtout oublier l'actualité. Et ce serait plus simple pour moi de vous proposer un article sur le bonheur des plaisirs simples... Mais je ne pouvais ignorer cette actualité qui me sidère, comme vous tous, et qui me semble tellement en même temps... prévisible ! Car rien de ce qui arrive dans les catastrophes climatiques n'est une surprise pour les scientifiques et les climatologues.
C'est donc le moment de rappeler cette phrase importante prononcée il y a déjà 4 ans !
Ce genre de formule tranchée, rare dans le langage diplomatique, mérite qu'on s'y arrête.
Une phrase qui ne laisse aucune échappatoire
Dans les couloirs feutrés de la diplomatie internationale, on a l'habitude des formules alambiquées. C'est précisément pour cela que l'intervention de Guterres à la COP27 a frappé les esprits. Pas de circonvolutions, pas de langage technocratique : un choix binaire, posé comme une évidence.
L’humanité a un choix : coopérer ou périr. C’est soit un Pacte de solidarité climatique soit un Pacte de suicide collectif
António Guterres
Ce Pacte de solidarité climatique qu'il appelait de ses vœux visait d'abord à réconcilier pays riches et pays en développement autour d'un effort commun.
Les premiers doivent financer la transition des seconds, une réalité économique souvent oubliée dans les débats. Sans cette coopération, les accords restent lettre morte.
Et la coopération humaine, je garde espoir, est toujours possible. On le voit bien dans les incendies aux portes de Bordeaux : l'entraide fonctionne, des agriculteurs aident les pompiers, des voisins aident leurs voisins. Ici toute querelle est oubliée face à l'urgence. Face à la catastrophe.
Mais pourquoi faut-il en arriver là pour voir enfin cette solidarité ? Ne pourrait-elle pas commencer bien avant, pour ensemble, faire face aux catastrophes mondiales ?
Des scientifiques qui répètent le même message depuis des décennies
Ce qui rend la situation presque vertigineuse, c'est que l'alerte n'est pas nouvelle. Les climatologues le disent, le redisent, et le rediront encore tant que les actes ne suivront pas.
Il faut absolument agir aujourd'hui, c'était le message il y a 15 ans et il reste d'actualité.
Jean Jouzel
Jean Jouzel, glaciologue et ancien vice-président du GIEC, incarne cette lassitude scientifique teintée d'obstination. Il ne baisse pas les bras, mais il n'habille plus ses mots de faux espoirs.
L'urgence d'agir aujourd'hui, pas demain, pas après la prochaine élection, est le fil rouge de toutes ses interventions depuis quinze ans.
La nature comme alliée, pas comme variable d'ajustement
Face à des étés qui battent des records et des forêts qui partent en fumée, la tentation est grande de chercher des solutions uniquement technologiques. Mais certains experts rappellent qu'une autre voie existe.
Face au changement climatique, nous devons faire de la nature notre alliée.
Jean Jouzel
Faire de la nature une alliée, c'est reconnaître que les écosystèmes, forêts, zones humides, prairies, sont des régulateurs climatiques que l'on démantèle à nos risques et périls. C'est aussi admettre que la protection de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement sont deux faces d'un même combat.

La fatigue des experts face à l'inaction
Il y a quelque chose de particulièrement éprouvant dans la position des scientifiques du climat.
Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et auteur principal au GIEC, l'exprime sans détour.
On est fatigués de répéter que le changement climatique est maintenant, partout
Christophe Cassou
Cette fatigue n'est pas du découragement : c'est le signal que le temps du constat est révolu. Et par ailleurs, comment ne pas comprendre la fatigue ce Christophe Cassou, qui oeuvre pour l'humanité, et qui pendant ce temps se fait harceler et insulter par les climatosceptiques ? (Non, je n'invente pas)
À la veille d'une quatrième vague de chaleur en France cette année, au moment où des villages entiers sont encerclés par les flammes, ces mots prennent une dimension concrète et immédiate que les graphiques du GIEC ne rendent pas toujours.
Les mots de Guterres, Jouzel ou Cassou ne sont pas de simples déclarations d'intention : ce sont des marqueurs dans l'histoire d'une époque qui a su, mais qui a tardé à agir. Sur citations.ouest-france.fr, retrouvez d'autres citations sur la nature, l'écologie et la responsabilité collective pour alimenter votre réflexion sur les grands défis de notre temps.

Je suis un passionné de culture, de littérature, de cinéma, d'art, d'environnement, de jeux de société,... oui, tout ça. J'adore m'étaler des heures sur ces sujets. J'écris moi-même un peu, de la poésie, et je peins à mes heures perdues. Je suis consultant web et rédacteur indépendant depuis plus de 20 ans, et j'ai la chance d'être en partenariat avec Ouest France pour éditer ce site que j'espère joli, moderne... (lire la suite...)




